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15 décembre 2004

Commentaires

« Je pose le mot ciel, le mot sang : je le pose là, je l’aligne et le laisse posé jusqu’à ce qu’il se défasse, pourrisse, poudroie et ne laisse rien que cendre, poussière, sable de ciel et de sang.
Travail…
Dans la cendre du mot, je ne vois plus, j’entends comme du son resté ;
je ne peux plus, plus loin ; je ne peux pas tisonner cela. Le travail est alors fini.
Avant, j’ai besoin de voir dans la terre labourée du mot.
Besoin de lancer dans la langue comme un tracteur lent, besoin de cette épaisseur empierrée, caillouteuse, pas facile, besoin peut-être de cette résistance de la terre pauvre.
Les mots, la terre, comme compactée de sens à force de passages.
Je commence quand je laboure - quand je sens dans la langue une sorte de masse tassée de nerfs possibles - c’est difficile à dire- une sorte de masse possible sans fin et le poème ne sera qu’une suite de connexions dans ce trop de possibles.
C’est comme ça. »


« La mort dans l’âme. L’âme? »

Antoine Émaz, Éditions Rehauts (2003) «Lichen, lichen», page 47

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