« Cool raoul, there is nobody sta matina. Tout marche (métro) but what a tranquillité » - C’est ainsi que rendant mentalement hommage à Diego Marani j’ai croisé ce matin deux lectrices.
Bonnet noir, écharpe noire, veste noire, pantalon gris,
chaussettes blanches et noires, chaussures noires, sac Adidas. Les travaux d’Hercule
d’Agatha Christie mais dans une très vieille collection ocre jaune comme surgie
du fond des temps (le mien en tous cas, mon enfance, la vieille maison de
famille non loin de Paris, la bibliothèque si assidument et souvent secrètement
fréquentée…). Le bonnet noir est enfoncé jusqu’aux sourcils, le visage n’exprime
pas grand chose (à cet instant-là). Adidas engloutit soudain Hercule. Il va y
avoir de l’agitation là-dedans. Hercule ? Poirot I presume !
Remplacée par une deuxième lectrice, doudoune beige
matelassée, sac beige, collant noir (un tout petit trou sur le genou la
préoccupe beaucoup), bottes daim noires, cheveux longs, écharpe toute blanche
avec de gros pompons tout ronds, lunettes un peu basses sur le nez, jeune, pas
gaie, bouche un peu boudeuse Rose
à la rescousse, de Isabelle Wolff. Bouquin tout rose, façon Bridget
Jones. Une nouvelle race de livres acidulés comme des bonbons. Curieux de voir
comment fleurissent sur le terreau d’un succès des séries de clones (Harry
Potter et ses clones, Bridget Jones et ses clones, Philippe Delerm et ses
clones et ainsi de suite)
©florence trocmé
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