Pascal Quignard revitalise le vocabulaire. Il fait lever les mots dans
son texte dans lequel on avance comme dans un pré en été. Calme en apparence alors
qu’ouvrir l’herbe du bout du pied fait surgir, sauter, voler mille insectes.
Ainsi des mots qui surgissent au détour des pages : Argos le chien d’Ulysse
qui renvoie le lecteur moderne aux balises des courses en mer, le mot
génitif dont on réalise soudain que, bien sûr, il a à voir avec la filiation
(136). Le corps (corpus) du texte se met alors à vivre et toute la
profondeur sémantique de la langue devient perceptible. « Levure est le
temps. Mot magnifique que celui qui aide à lever. J’évoque le mot qui ne se
couche pas » (195). Les mots de Quignard font lever en nous la pâte du
langage.
©Florence
Trocmé

A propos de Pascal Quignard, il était l'invité de Tout arrive, vendredi, sur France-Culture. Me semble qu'on peut écouter l'émission pendant quelques jours :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/toutarrive/fiche.php?diffusion_id=27659
Rédigé par : Evelyne | 09 janvier 2005 à 21h14