À propos de l’emploi du je : « ses chatoiements semblent refléter la volonté de l’auteur, illustrée par le signe d’appartenance qui titre le premier recueil : appartenir au monde, à travers soi, et en se réfractant dans de multiples figures d’altérité » (V. Montétout, Jacques Roubaud : l’amour du nombre, Presses universitaires du Septentrion, p. 290)
Deux
remarques :
1. Je suis
sûre que Roubaud doit être fasciné par les fractales
2. Ce qui
est énoncé correspond exactement à mon propre désir, à mon dessein peut-être. A
la fois individualité, partie prenante et canal comme le vaisseau sanguin qui
est mien avec sa signature génétique et sa singularité irréductible, mais
qui est en même commun à l’espèce (animale !) et qui enfin est canal, lieu de passage, d’écoulement, de transfert, de flux, de filtration, sang
un, cent voix…pourrait dire Roubaud.
Et en
lisant ce même livre, cette note encore :
La notion de réseau (j’allais écrire de Résaud !) à
l’intérieur de l’œuvre de Roubaud, les échos, les courants souterrains, qui se
rejoignent, les racines qui s’enchevêtrent, racines des différents œuvres qui
finissent ainsi par témoigner de la profonde unité du tout. « L’écriture
de Roubaud obéit à un fonctionnement rhizomatique ouvertement assumé : les
racines des différentes œuvres s’entrelacent, s’appuient les unes sur les
autres et finissent par former un écheveau indémêlable. Au fur et à mesure que
le poète s’enfonce dans l’écriture, l’oeuvre se transforme de plus en plus en
méditation sur l’acte d’écrire. Celui-ci est mis en scène, en abyme, repris et
réfracté par des textes qui, indépendamment de leur nature poétique ou
prosaïque, se renvoient des images symétriques » (279).
©Florence
Trocmé
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