Impressions mitigées à la lecture
de Commun des lecteurs. A la fois une déception et un enrichissement.
Déception car je m’attendais à un essai de Virginia Woolf sur la lecture en
général, et qu’il s’agit en fait d’une collection d’articles parus dans
différents journaux de son époque. Parlant souvent d’auteurs anglais, très
anglais si je peux m’exprimer ainsi et quasiment inconnus en France (pour ce
qui concerne les auteurs mineurs qu’elle aborde, je ne parle pas ici bien sûr
de quelques « grands » présents dans ce livre comme Jane Austen,
Chaucer, Montaigne ou Charlotte Brontë). Finalement il faut prendre ce livre
pour ce qu’il est : un recueil d’articles, certains passionnants d’autres
un peu moins ! Mais où l’affaire se corse est que Virginia étant Virginia
même lorsqu’elle lit professionnellement, elle lit en tant que poète et
écrivain ce qui vaut au détour de tel ou tel recension un peu laborieuse de
véritables pépites sur l’art du roman, le sentiment poétique, ce qui distingue
un grand écrivain d’un plumitif, etc. Elle est une admirable lectrice, capable
de débusquer dans les contrées qui paraissent les plus improbables, les clés de
son art poétique. On ne peut pas dire qu’on est « dans la bibliothèque de
Virginia » puisqu’il semble bien qu’il y ait ici exercice d’un travail de
journaliste critique, mais ces textes apprennent néanmoins aussi beaucoup sur
l’écrivain qu’elle est en toutes choses de sa vie. Par exemple, cette remarque
à propos d’Eschyle « par un usage audacieux et constant de la métaphore,
il amplifie son objet et nous livre non pas l’objet lui-même mais les
reverbérations et les reflets qu’il a produits dans son esprit » (Virginia
Woolf, Le Commun des lecteurs, l’Arche, 2004.p. 45)
à suivre….
©florence trocmé
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