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07 février 2005

Commentaires

Votre réflexion me questionne.
Vous photographiez et peignez des fleurs principalement, êtres éphémères s’il en est …

Mais non, regarder quelque chose
( quelqu'un surtout ) longtemps,
ce n’est pas le rendre intéressant c’est simplement l’aimer.
Mais pas l’aimer simplement. L’aimer pour toujours.
Même si le photographier prend un instant, l’image qu’il en reste est hors du temps.
Et sur la toile elle devient planétaire…


Amitiés
Guidu

Le propos de Flaubert rejoint ceux de Proust... En effet, j'aime à penser que fixer la "Chose" et l' "Être", c'est aller au delà de la "Chose" et de l'"Être", c'est aller vers l'essence, vers le principe même de toute vérité, intouchable par définition. Regarder longtemps pour dégager ce qui est vrai, voilà une utopie sensible. Pour Proust, venons en à lui, je pense au passage des aubépines dans Du côté de chez Swann, et la distinction qu'il parvient à faire tout le long de A la recherche du temps perdu entre la réminiscence et l'impression (je cite ici les propos de Genette, eux-mêmes analysés par M. L... professeur de Français).
Mais, regarder lontemps pour quoi faire ? Pour peindre le moment, l'immortaliser, en vain bien sûr, le rendre sensible aux autres finalement, puisque j'entends, par là, dans "pour peindre le moment, l'immortaliser" lui donner sens par l'art. L'art qui peut tout, ou presque. Le rapprochement que vous faites entre cette citation et la photographie est d'ailleurs à ce point tout à fait merveilleuse. Elle implique cette idée de saisir, le moment, la danse insensée de la vie. Donner du sens à l'insensé, n'est-ce pas au fond le but de l'art ?
Bien heureusement , il ne faut pas entendre dans les propos de Flaubert une sorte de naissance de l'intérêt par l'obstination du regard.
Il y aurait beaucoup à dire, mais le temps me manque...

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