Me réveillant à l’aube hier matin et laissant le jour
lentement envahir l’espace de la pièce, je songe à ce poème de Marilyn Hacker,
lu la veille « Through the steamed window on the garden comes/pearl
dawnlight, lovely und unremarkable » « On voit venir à travers la
fenêtre embuée du jardin/banal et si beau, tout nacré, le matin ».
Poème où il est question un peu plus loin des objets qui
« changent tous de couleur comme la rivière/dans la mue délicate du jour
qui caresse d’ouate [...] «
« change like the color of river water/in the delicate shift to day. Thin
fog/veils the hedges [...]
Je trouve la traduction de Jean Migrenne un peu précieuse,
peut-être d’autant plus que je songe fortement en lisant cette évocation au
terrible « lait noir de l’aube » le « Schwarze Milch » de
la Todesfuge de Paul Celan. « Lait noir de l’aube nous le buvons le
soir/le buvons à midi et le matin nous le buvons la nuit ».
©florence trocmé

Série d'asociations féconde. Le lait noir... vient-il de sa mère, au matin?
Rédigé par : JC-Milan | 28 avril 2005 à 18h41