Tout à l’heure, sortant de la
bibliothèque avec un stock conséquent de livres et disques (poésie
bien sûr, Velter, Pessanha et Sophia de Mello Breyner et musique
contemporaine, Cage, Scelsi et Ligeti),
j'ai entendu mon passage dans les portiques anti-vol se matérialiser par une sonnerie
stridente. J’avais l’intention de passer outre, la conscience parfaitement
tranquille et habituée à ces rappels intempestifs mais le vigile pour une fois
ne l’entendait pas de cette oreille et m’intima l’ordre de retourner au bureau.
J’avoue un mouvement de très mauvaise humeur accompagné d’un grognement peu
aimable pour le pauvre homme. Re – dé – magnétisation des emprunts, repassage
au pilori et ouf, silence…..
J'ai alors songé à ce reportage vu il y a quelques jours à la télévision, filmé dans le contexte du terrible procès de pédophilie d'Angers : le portique de détection
d’armes situé juste derrière la caméra n'avait pas cessé un instant de biper, au point de brouiller le commentaire du journaliste,
Et de façon
plus générale, comment ne pas évoquer cet univers de bips en tous genres, de
sonneries de téléphones, d’alarmes auto, de klaxons, de sirènes d’ambulance, de
police ou de pompiers. On peut louer les efforts des autobus parisiens avec leur petite
cloche ou de certains portables qui cherchent à se faire prendre pour des
oiseaux….. chuchotements dans un océan de bruits agressifs…..
En effet, rien n’y fait, le bipède bipe à…tour
de bras.
©FT
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