Métro, ce matin, une voix d’enfant, un peu nasillarde.
S’exprimant en langue étrangère. Je ne distingue pas cet enfant, là où je suis.
Mais très brièvement, comme par une erreur d’accommodation, j’attribue cette
voix à une jeune femme que j’aperçois un peu plus loin. Cette perception, fausse, mais non reconnue comme
telle, engendre immédiatement une sensation d’étrangeté absolue….. le décalage
entre cette voix-là et ce corps-là, entre le monde de l’enfant et celui de la
femme crée un trouble profond, déstabilisant. Y aurait-il un phénomène de cet
ordre quand on écoute un haute-contre ou un contre-ténor d’aujourd’hui ?
N’était-ce pas aussi cela, le fond de la jouissance, décrite comme extrême,
qu’éprouvaient les auditeurs du passé lorsqu’ils entendaient un castrat ?
©florence trocmé
"Falsetto" veut bien dire "petit faux"
Rédigé par : JC-Milan | 20 avril 2005 à 21h46