Elle pétille de vie, elle est là. Droite quoique âgée. Digne
quoique hantée. Il y a soixante ans, elle est revenue et elle a été transférée
au Lutétia.
Le plus dur, dit-elle, ce fut de se retrouver seule quand ses compagnes de camp sont parties avec leurs familles ou les lambeaux de leurs familles retrouvées.
Le plus beau, dit-elle, ce fut de regarder la voûte du ciel et les étoiles sans y voir le rougeoiement des crématoires.
*"In Spätrot schlafen die Namen", Paul Celan, de seuil en seuil, traduction de Valérie Briet, Bourgois, 1991.
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