De quelques lumières, en correspondance avec Frédéric-Yves Jeannet
Il y a le soleil noir de la mélancolie, l’excès de lumière (blafarde,
mais pas nécessairement, elle est toujours dure et tranchante). C’est un
couteau, lame qui coupe, qui scinde, qui tranche, qui rompt l’oscillation
vitale de l’âme, qui tétanise sa vibration.
Il y a la lumière blanche diffuse qui uniformise toutes
choses, suaire, dévitalisation du monde, chape d'ouate pire que chape de plomb
qui emmaillote l’esprit comme momie. L’âme-momie dans son linceul de laitance
séchée.Os de seiche ?
Il y a la luz del mundo* la lumière de vie, associée souvent à l’humidité en suspens
dans l’air qui fait de chaque centimètre cube de l’espace un arc-en-ciel
inapparent mais opérant, un prisme où vibrent le spectre de la lumière et ses
composantes. Cette lumière-là enlumine, danse, sculpte, elle caresse l’âme et
apaise le désespoir. "Chantons le deuil de la lumière & la consolation de la lumière retrouvée qui nous sert d'astrolabe après le deuil, dans les typhons & tempêtes"**
©florence trocmé
*Titre d'un récit de Frédéric-Yves Jeannet, publié en espagnol, à Mexico, en 1996
**Frédéric-Yves Jeannet, La lumière naturelle, Esquisses d'un livre futur, Galilée, 2002, p. 27