"Contempler le monde à travers le prisme du coeur"
Matin, café, téléphone portable, de nouveau, après un si
long silence.
Mêlé au bruit. Les gens parlent fort et haut comme si se
déshabiller poussait à libérer aussi la voix. (il fait déjà 20° à 8 heures du matin, tout le monde est en tenue
légère et l’on retrouve avec bonheur les épaules des femmes souvent si belles)
Je me souviens de la voix de Nathalie Duong, hier soir, cette façon si entière, si proche, si naturelle de vous dire à vous, là, qui êtes au premier range mais sans doute aussi à celle qui est à côté de vous et aux autres, derrière vous, les mots de Marina, l’incroyable parole de Marina, Marina qui ne transige sur rien, qui vit constamment dans l’amour fou (peu importe qui, peut importe lequel, peu importe si c’est femme ou homme), Marina Tsvétaïeva qui n’a rien (dénuement extrême de sa vie versus cette débauche de marchandises qui se livrent partout ce matin). Elle n’avait rien dans les mains, rien dans son porte-monnaie mais une telle surabondance en elle, d’âme, de feu, de dons et de don.
« Richard » ferme le rideau de son camion de
limonadier
La trappe de la cave se referme lentement à même le sol du bistrot.
les tasses tintent.
Je pense à mes deux M et à P. Sautera-t-elle l’obstacle
aujourd’hui ou bien se laissera-t-elle engloutir, une fois de plus. GAP ou
gap ?
©florence trocmé
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