aube longue pluie froid
angoisse
face
sa face sa face nouvelle
face à face la face de l’autre la morte cérébrale sa face découpée au scalpel
congelée sa face nez bouche menton découpée avec soin découper une face comment
découper un nez une oreille une bouche où couper et les nerfs les vaisseaux
comment rabouter rabouter sur l’autre face et ta face déjà le vieillissement
imperceptible au jour le jour micro changements et ta face à toi changée en
quelques heures es-tu ta face la face de l’autre se caresser le nez c’est nez
d’autre de mort est ce tolérable est-ce supportable ?
notes de lecture
dans le
flotoir, pas dans poezibao, transplanter les notes de lecture en cours. Emprunt
à Alain Marc, cette technique du en lisant. Reporter mes notes pour continuer la lecture noter ce que la future note
de lecture classique un peu formelle ne pourra prendre en compte, les éclats de
texte qui ouvrent des chemins des
pentes des ascensions.
Monticelli dit Bribes, Ancet dit Chutes, je dirais volontiers Laisses (de mer)
En Lisant Henri Droguet
justement
sa lettre d'hier : "tout y est ou presque" dit-il à
propos de ma note de lecture soulignant dans une simple parenthèse ce que je n’ai
pas vu la dimension spirituelle des textes : un dieu bien caché - comme dans
son nom ? Avis de passage titre qui est
emblématique car à la fois légère dérision, le facteur vous a laissé un colis
en instance avec un petit papier jaune pour vous le dire (ces services de
presse aux critiques institutionnels dont il parle avec une certaine amertume
dans sa lettre) livre en souffrance, repris par personne reçu par personne et avis de passage quelque chose de métaphysique je suis là je ne
fais que passer mon temps est compté vous l’oubliez nous l’oublions si
facilement pensant à ce matin froid cette pluie comme si tout le temps était à
disposition alors même que le sablier se vide inexorablement ; cette nuit que tu as éprouvée mauvaise, le
sablier s’est vidé, quelques-uns de ses
milliards de grains corpusculaires sont passés de l’autre côté, de l’autre côté
de l’autre côté un à un, à jamais vécu
ce temps irrécupérable non reproductible passé (non ! ne pas dire consommé ce mot est devenu imprononçable aujourd’hui)
les blocs
Fascinée oui mais ne pas
imiter faire ce qui t’est à toi nécessaire dans l'instant présent de ton
écriture fascinée par l’écriture en blocs compacts de plus en plus souvent à
l’œuvre chez un François Bon, chez un Fred Griot ,chez un Jean Pascal Dubost,
textes comme pierres de taille d’achoppement d’angle, textes comme blocs
compacts fermés sur eux-mêmes textes à tailler textes où l’on ne peut pas
toujours pénétrer textes durs à angles vifs pour dire ce monde là, je ne sais.
suspens
Fascinée oui mais ne pas
imiter faire ce qui t’est à toi nécessaire dans l’instant présent de ton
écriture fascinée par le suspens que t’a enseigné Alain Marc. Devenu si nécessaire
et pas seulement dans la correspondance avec lui. Arrêter la phrase sur un de ou un à la
laisser ouverte en suspens dans le les possibles.
A toi de forger ta
matière avec tout cela comme sont à toi ces enchaînements de presque synonymes
dont souvent tu as besoin pas tant sans doute pour préciser que pour insister
enfoncer le clou. mais au fond si peut-être aussi préciser dire avec trois mots
trois angles de vues un peu différents qui sont tous présents te semble-t-il
dans ce que tu veux dire.
Inter
tu t’interroges
interroges interdit inter rogatoire commission interdit inter dit
avec l’autre interrogation et inter dit tu t’interroges sur l’interdit
l’interruption volontaire l’ivée le suspens le vide ouvrir le vide là soudain au
cœur de la phrase parce que le vide est partout entre les atomes tu es faite de
plus de vide que de plein de plus de vide que de déliés écriture entre les mots
le vide entre les atomes presque anagramme de mot le vide le vide qui fait
tenir le vide et le plein des chinois peut-être tu devrais regarder ce que dit
Cheng dans le livre prêté par C.
je me suis plu à savourer pourun long moment ces délicieuses chroniques poètiques...je vous en remercie infinement
Rédigé par : ali | 10 décembre 2005 à 02h39