Lisant
le livre d'anne Mounic sur Claude Vigée
"Claude Vigée énumère Jean Follain, Henri Thomas, G.E.
Clancier, Géo Norge, André Frénaud ou Francis Ponge chez lesquels
"l'accent est constamment placé sur la redécouverte du monde réel, sur
l'hyper conscience sensorielle, la responsabilité morale de l'artiste à l'égard
de l'univers et des hommes"
Cela me parle et me
signifie aussi de ne pas laisser de côté les plus grands dans Poezibao (problème de la parité encore, aucune femme citée
ici).
recopier
Le bonheur et
l'enseignement, incalculables, à recopier sans fin les textes
littéraires. Toujours cette pensée (mutatis mutandi !) de Bach ou Mozart recopiant les œuvres de leurs
grands prédécesseurs. Recopier à la main dans le carnet puis taper dans le
Flotoir, donc prélever et deux fois recopier : je suis sûre que cette pratique
est d'une immense portée, qu'elle aide à comprendre de l'intérieur une œuvre,
un style, un mode de fabrication (comment ça s'agence, comment ça fonctionne,
comment a-t-il résolu telle difficulté, devaient se demander Bach ou Mozart qui
il ne faut pas l'oublier "entendaient" parfaitement ce qu'ils
recopiaient !)
Lisant Mounic/Vigée
"L'homme, une
création continuée dans la discontinuité"
Perception sans doute
aiguë de cette discontinuité qui est aussi celle de la matière. Car si nous
sommes faits en grande partie d'eau, les atomes qui nous composent intègrent
une immense part de vide, qui est sans doute la condition de l'énergie.
Discontinuité psychique aussi peut-être. Similaire aux phénomènes d'apnée. Y
aurait-il des absences (de conscience), régulières, brèves, inaperçues ? Celle-ci est-elle flux continu ou succession
de plans (comme un film) ? D'autre part elle est soumise à un bombardement
incessant d'informations endogènes et exogènes qui portent atteinte à sa
stabilité, voire à sa cohérence (à l'extrême ce sont les phénomènes de
sidération). A ce titre, le livre d'Alain Frontier, Portrait d'une dame, est exemplaire de l'a-cohérence d'une vie
consciente.
«recopier un texte à la main c'est un peu lire avec les doigts»
Rédigé par : Eric Houser | 26 janvier 2006 à 21h22
"Mais l'œuvre d'art contemporaine en même temps ne tolère plus le trop lié, le trop liant. Elle devrait sans doute tenter de donner à voir, à lire, à entendre cette a-cohérence."
je ne sais pas si elle tolère cela ou pas, mais belle idée ça...
donner à entendre l'a-cohérence... à mûrir.
Rédigé par : fg | parl | 28 janvier 2006 à 18h34
Une musicienne, comme vous Florence, est aussi sensible après la copie et la "recopie",à l'écriture d'une "variation". Je vous en propose quelques unes cette semaine dont une, à l'instant, de Pierre Reverdy.
Les curieux peuvent juger sur pièce.
Et l'on ne vous dira jamais assez merci pour votre site qui jour à jour nous ressource.
jj dorio
http://dorio.blog.lemonde.fr/dorio/
Rédigé par : dorio | 03 février 2006 à 10h58