Cette matinée m'a
entraînée sur des voies très sombres, mais je crois qu'il ne faut surtout pas
résister à ce genre d'appel.
Après avoir enregistré le
poème de Ficowski pour Poezibao, le hasard des courriers reçus et des
informations m'a en effet amenée à lire un extrait des Récits de
la Kolyma de Warlam Chalamov et
j'ai senti qu'il était important de mettre un extrait
de ce chapitre, qui place la poésie au rang des besoins fondamentaux de
l'être humain, en ligne sur le site.
Je peux rapprocher cela
aussi de propos de Gottfried Benn que je lisais ce matin même dans le beau
livre qu'Anne Mounic consacre à la poésie de Claude Vigée : "on en vient à
se demander si la langue a encore un caractère de dialogue au sens
métaphysique. Établit-elle encore une communication, comporte-t-elle
dépassement et transformation, ou bien n'est-elle plus que le simple matériel
des discussions d'affaires et pour le reste le symbole d'un déclin tragique
[...] L'humanité toute entière vit de quelques rencontres avec soi-même, mais
qui se rencontre soi-même . De très rares êtres et alors dans la solitude"
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