"Si je remonte aux
origines de ce qui m'a poussée à écrire, je vois une matière obscure et
fuyante"
(Hélène Dorion, Sous
l'arche du temps, La Différence,
2005, p. 65)
→ Serais-je, moi,
aujourd'hui à cette origine, qui ressens cette impression souvent, là où… cette masse noire qui rayonne et
se ferme en même temps, d'autant plus que je tente de la scruter, une sensation
obscure et fuyante, aura du
réel peut-être [mais qu'est-ce que le réel ?]. Sensation de ce matin, souvenir
déjà de ces instants hors de
(temps ? vie ? histoire ?), matière obscure et fuyante qui rayonne et s'éloigne, revient plus sombre,
s'éloigne de nouveau plus lumineuse, s'assombrit en s'approchant, s'éclaire en
s'éloignant. Ce qu'il y aurait, peut-être,
à écrire, si possible.
Expérience tout de même
singulière, en y repensant,
c'est-à-dire peut-être en la revivant, que
les photos prises très vite, en état second - absence, ailleurs, hors -, disent quelque chose de ce moment,
moment de temps pur parce que hors, ciel bleu – je pense au poème
de Gabrielle Althen choisi ensuite pour ce jour – suspension, intermittence
; il me semble que ces photos vibrent, qu'elles émettent peut-être quelque
chose. Était-ce état d'être intérieur, était-ce état d'être hors de ? Où était-ce ? Espace ouvert de
la lumière, ondes de la lumière venant mourir comme des vagues sur les plages
du monde ? L'eau de la Seine, l'eau de la lumière, l'eau du ciel, l'eau de
l'être.
La matière obscure
et fuyante, celle qui appelle du fond du puits, qui appelle parfois au fond du puits, l'anneau noir au fond
du puits du temps. Capter les résonances conduites par les parois de pierre,
cela, peut-être, écrire. Pâles échos de ce qu'émet la matière obscure
et mouvante, au fond du puits.
Puits qui ne révèle ses secrets qu'à celui qui accepte le risque d'y tomber. Le
ressac de cette matière obscure et fuyante qui pulse au fond, magma dit-elle (HD, SAT, 65), bulle de matière cloquant
à la surface au fond du puits (cratère ?).
Quelque chose là brûle,
feu de la vie entretenu par en-dessous.
La vie ne peut se vivre
qu'en brûlant.
©florence trocmé
En brulant... Certes.
Mais la vie est aussi faite de cendres.
Que nous respirons, quotidiennement.
Bien à vous, Florence,
Pierre.
Rédigé par : Pierre Maubé | 21 avril 2006 à 12h54