Nicolas de Staël : Casse
lumière (1946)
galeries
meurtrières vers les abysses
portes béantes
sur gouffres métropolitains
agenouillée
basculant entraînée
par le poids de son buste
inexorablement
vers les profondeurs
balancelle au-dessus du vide
Nicolas de Staël : Composition (1947)
verts
verts de gris et verts de blanc
blancs verts
poutrelles perspectives
ponts jetés sur le vide
en suspens
la verticalité aux abois
diagonales du fou
fonds grouillants
passerelles enjambantes
débouchant sur rien
vide
enchevêtrements
labyrinthes
sauvés par le vert de gris
Nicolas de Staël : Calme (1949)
soudain l'éclaircie
barreaux barrés
champs étalés
raies de lumière
triangles de couleurs
quelques grains de feu
des bleus et des verts
de bonheur
diaphanes intenses
imbibés de lumière tendre
irradiant la douceur
je viens de naître
pâte en cratères
à explorer
comme les mares
dans les rochers
jadis
microcosmes
ô échelles
cœur de la touche
à la surface de la toile
chemins gravés heurtés
entre deux coulées lisses
je vais naître
je viens de naître.
©florence trocmé
(en visitant l'exposition Nicolas de Staël au Centre Georges Pompidou, le samedi 14 juin 2003.
Merci de ces poèmes qui accompagnent les toiles de Nicolas de Staël ; peintre que malheureusement je ne connais pas assez, mais que je retrouve dans tes textes
Rédigé par : Léah | 20 mai 2006 à 20h34