Étrange alternance. Chaque jour de petits élans et des plongeons subits et subis. Comme si se tricotaient maille à maille le désir de vivre et les forces de mort et d’entropie. Alternance au dehors : or liquide et ouate fuligineuse. Alternance au dedans : à quelques heures d’intervalle, oscillation incessante du doute, de l’envie d’écrire / de peindre et d’un sentiment d’impuissance, d’incapacité, d’insuffisance. L’attrait, l’appel vers l’acte créateur (quelques mots, une aquarelle, des photos) et ce recul au moment de « s’y mettre », s’y laisser prendre, s’y oser, s’y affronter. Au risque d’ouvrir des gouffres qui tous ont nom « zéro » : nullité, mort, impuissance. Ne pas pouvoir, devoir finir, ne pas avoir les moyens de. Recommencer obstinément à tenter d’avancer dans ce magma, collant, gluant. Qui empêche de le pénétrer et dans le même temps retient prisonnier. Toujours cette dualité, cette tension entre élan et retrait, tentative et empêchement. La tension essentielle entre la vie qui implique la mort et la mort qui n’est mort qu’en regard de la vie.
C'est exactement ce que je ressens en ce moment, Florence.
Rédigé par : myriade | 16 décembre 2006 à 09h23