La peur. Toujours la peur, le soir, au moment de plonger (je pense à ces cervicales brisées sur des fonds de piscine). La peur de trouver, quoi, la peur, la confusion extrême et in fine – bien sûr in fine – la mort. La violence de ce à quoi est soumis l’esprit. La confusion, l’extrême confusion générée en permanence, dans le dedans, par la complexité des choses et des êtres. Cette confusion, nécessité impérieuse de la débroussailler au fur et à mesure pied à pied. « Penser, trier, classer ». Non pas tant penser que démêler en premier lieu l’écheveau. C’est le tas d’ordures qui arrive sur la table de triage de la déchetterie, il y a du recyclable, il y a de l’indigérable pour qui que ce soit, il y a de l’organique. Il arrive trop de tout à chaque instant. Fermer les écoutilles. Ne pas décrocher le téléphone, boucher tubes et couper fils de toute nature qui nous relient à tous / tout tout le temps. Double danger : l’esprit bombardé s’affole, se sature, se dérègle, se perd ou bien il s’accoutume, entrant dans un processus d’addiction et en redemande. Mais comment endiguer ce flot terrible. Repousser les assauts ? Sans doute en s’enfonçant dans l’amour et dans l’écriture.
Décembre 2006