Sais-tu, pourrais-tu, sais-tu si tu pourrais, sais-tu si tu pourrais juste avancer, avancer un peu et encore un peu t’appuyant sur cette tige frêle la prolongeant l’inexistante avec ces quelques bribes de coton de mots de feuilles [parfois même mortes], sais-tu si tu peux si tu peux oser encore un millimètre et quand plus de tige la secréter de toi de quelques mots l’allonger pour avancer encore au-dessus du cloaque où grouillent mots morts mondes. Avancer sans vertige sur la tige frêle, au menacé du rompre. Sauras-tu inventer quelque matière nouvelle pour allonger la tige frêle et avancer au risque de la rupture de l’effondre de la bascule pour toujours sans retour [fil n’est pas palindrome]. Pour avancer fabriquer depuis la tige frêle encore de la frêlitude, encore de la tige, brin à brin, horizontal, vertical, ver à soie, secréter ton fil, fil de mots, fils de mots à trier comme lentilles, à arrimer un à un à la tige, au frêle qui bat oscille de ton poids au bord.
©florence trocmé, 2007