Le rien en tutelle
Ouverture hier en fin d’après-midi d’un nouveau carnet. Noté comme
toujours la date sur le dessus : 8 /30 mars 2008 [pourquoi 8, si je sais
où sont 1 à 7, qu’y avait-il avant, de toute évidence pas rien, mais où et quoi ?]
Et la soirée allant passant et je
lisant une revue [ne pas chercher d’indice, elle n’est pas récente, seule chose
que je peux dire pour brouiller [[brûler a tenté avec insistance de s’imposer
pour rendre les armes devant le légitime brouillé]]
les pistes] et s’ennuyant lamentablement à cette lecture [et s’interrogeant
sans cesse sur cet ennui, pourquoi rien
ici, maintenant [[rôle de ce maintenant ?]] ne me parle sauf peut-être,
dans cette masse indigeste, un poème d’un illustre étranger et d’autres, d’un
jeune poète] me vient progressivement insidieusement d’abord puis plus
clairement en tête l’idée que dans ce nouveau carnet [apparemment un carnet
dure autour de trois mois] je n’aurai rien
à écrire. C’est soir de terne, soir où le moindre tressaillement, clignotement,
petit bond de cœur en poitrine, est exclu.
Tentative de réanimation du rien. Échec.
Et la peur de ce rien en tutelle
du carnet ouvert.
Noter
Ouvrir le flotoir le matin et
le laisser ouvert sur le bureau, pour y jeter à la volée ce qui vient ce qui
passe !
(flotoir, 31 mars 2005)
Permanence
« Prends le chemin que t'indiqua le suspens de ton cœur,
tourne avec la lumière, persévère avec les eaux,
passe avec le passage irrésistible des oiseaux,
éloigne-toi : il n'est de fin qu'en l'immobile peur. »
(Philippe Jaccottet, flotoir, 31 mars
2002)