Partie-là
Se tenir au bord. Du cercle. Dans le chœur.
Partie-là. Seulement là. Entendre sans écouter. Debout effondrée debout. Structure rythme couleurs (et pas de mélodie)1. Ne rien
attendre. Partie-là, seule. Palais des vents. Debout. Sans. « Ne dis pas "je
sais que" »[dit-elle], « ne cherche pas à comprendre »
[dit-elle]. Laisse venir, laisse venir
[dit-il]. Poindre. Ce qui point, ne pas le nommer. La floraison a-t-elle un nom ?
Ce qui naît a-t-il un nom ? La source avant de sourdre a-t-elle son nom de
fleuve, Donau, Neckar, Loire ? De la goutte à la mer, poindre. Punctum, c’est tout. Le trèfle dans le
béton. L’être-tête remercié : à plus tard. L’être nu dans son ombre. L’être-sans.
Juste au bord du puits. Résonances du trou noir, le lac est une glace sans tain2, échos rejoués, échos en
rebond sur les parois de brique. Puits capteur, musique, trace fossile d’étoiles
mortes à des années-ombres.
1 Mstislav Rostropovich, à propos du prélude de
la Première Suite pour violoncelle de Bach, DVD Bach Rostropovitch, Cello Suites).
2. Source proche et perdue, lecture d’il y a peu....
Federman dans son
placard
Entr’ouvert hier la porte de La
Voix dans le débarras1. Casse à l’intérieur – intérieur du
placard | enfant dans le placard – syntaxe phrases narrations, chaos,
turbulences mais enserrés orthonormiquement, blocs quasi carrés justifiés, lignes
impeccables, parois de la tombe-issue. Inside,
déconstruction de la raison et court-circuit du principe temporel de la
narration.
Double rédaction en français et en anglais par le poète même. Des différences ;
elles sont éclairantes. Double langue pour la dichotomie, adulte/enfant,
sauvé/exterminés, pour aucun centre stable, deux voix, la sienne, la leur,
fondues
1. Raymond Federman, La Voix dans le débarras, the voice in the closet, Les Impressions nouvelles, 2008
Les trois petits c.
Je sais qu’elle sait. Elle sait que je sais. Ce sais/sait nous habite,
passe comme furet d’œil en œil ; point,
nu, dans la double voix, construit sa petite demeure ici et là, hutte du deux. Paille,
bois, brique ? Le loup a toujours faim. Opposer briques à dents et tuiles
à gueule. Le l. a faim, les petits c. sont malins.
Musique
Être un quatuor.