Regard
« Se laisser regarder par ce qu’on regarde » (Nicole Gingras,
à propos de Georges Didi-Huberman (contexte non retrouvé)
→ Se laisser lire par ce qu’on lit.
Débuts
Je commence à pressentir ce que je veux faire. Mais je ne sais pas si j’aurai
le temps de faire ce que je veux faire : = composer des poèmes, complexes et
multiethniques.
Cet état qui est propre à la
venue d’une écriture, qui n’est pas un poème, pas encore un poème, mais un
germe. Cet état fait à la fois d’inattention globale (donc d’un
amoindrissement substantiel du niveau d’attention
et d’adhérence au monde usuel) et de concentration extrême, inlocalisable, dont on ne sait quelque chose que parce qu’il irradie et non par ce qui en émane.
C’est toujours sous
C’est toujours sous
que cela se joue
sous le rocher le
petit crabe
sous la terre le
caillou, le
mot oublié, le
souvenir perdu
sous le papier le
silence sous le
granit la mer
encagée, ensablée
vitrifiée
sous le verre dans l’
ambre le vivant
sous la couverture
le corps vivant
sous le
drap le cadavre
sous la peau, le
sang
et l’humeur
c’est toujours en
que ça prend
en déliant, en
liant, en coupant
en abouchant, en
faisant diverger
passant les frontières
réversiblement, sauts
de langue
à saute-temps en
creusant sous
sous le en et le de
et le par et le pour
le non dit, le non-su
le non-vu, le non-pu
sens dessous dessus
mots forets
taillent incisent
déjointent le scellé
coin dans l’opaque
désarriment le lié
rompent les soudures
de sous à en, par