L’incessant, le
travail
Le travail est incessant, remugles et remous, ramages et piratages, à
l’abordage ! à l’assaut ! nasses à tous bords, détricotages et
réassemblages, pleuviures de mots à gauche, à droite sur pont glissant – les
ramasser, les tordre, les saler, les moudre ; les trier non, les choisir non, les
sélectionner (race, clone) non ! mais les apparier, les avarier, les
remâcher, les démarcher, les accrocher mis à sécher, les décrocher moi ça et
que ça saute – le travail est incessant, ça bouge, ça remue, ça serre cœur et
tripes, agite les intérieurs, assoiffe et affame, encore, encore un peu, de
l’eau, du pain (ô croûte magnifique paysages brûlés odorants à craquer) –
travail incessant, bras de fer, muscles bandés, plaies ouvertes où ça pullule,
chemins détournés, ramifications, piratages, ramages, remous, remugles,
l’incessant est le travail.
Dans la proximité de Valérie
Rouzeau pour la symétrie et d’Henri Michaux pour les remuements