Walter Benjamin
en ses écrits autobiographique : passionnant de voir l’écriture qui évolue, de voir naître l’écrivain, à partir de 1912. L’expression gagne en ampleur, en fluidité, en complexité et surtout les points de vue très personnels attestant notamment du sens de l’observation se multiplient.
Robert Antelme
Toutes les pages, autour de la page 90 (dans l’édition Tel de Gallimard) : sur la faim. On ne peut rien en dire, sinon lire et relire. Ecouter de l’intérieur ces pages-là et toutes les autres.
Curieusement la lecture de Cixous juste après celle de l’Espèce humaine n’est pas impossible (la plupart des livres seraient illisibles à ce moment-là) mais pourtant on n’accroche pas vraiment. Changement d’échelle peut-être ?
Silence du fracas
Traîne et laisse, schlague et mépris, tenaille sur la main, le froid sans fin la faim sans fond et ce silence du fracas : le cœur nu de silence au cœur même de l’écrasement, l’irréductible noyau de tu, de su, de vu qui écrase la parole et le goût des choses – mais la vie – boule d’acier en percussion menaçante – gangrène du froid, de la faim et du mépris, membres coupés mais cœur pulsant : « vous avez fabriqué la conscience irréductible* »
Robert Antelme, L’Espèce humaine, coll. Tel, Gallimard, p. 100