Ciel
soleil au réveil, retour des pastilles, affaire de changement d’heure sans doute – température élevée, lourde, 20° et déjà le retour du gris.
Aube brune
Voyant les petits ronds de lumière créés par les volets sur le mur au réveil, pensé à « Aube dorée », le nom sinistre que les néo-nazis grecs ont donné à leur parti. Et soudain Paul Celan et ce drame auquel il fut confronté et qui est à l’origine de son œuvre : que faire avec cette langue mortellement pervertie par les nazis. Avec ce bi-mot du parti grec, une fois encore, deux beaux mots de la langue française pourris de l’intérieur, abîmés, dégradés. Comment redonner sens à ces mots-là, les vider de leur pus pour les sauver, en quelque sorte ? Remarquer aussi que dans ces langues fascistes, il est fait un recours intense à tous les clichés. Symptôme sans doute de l’appauvrissement drastique et dramatique de la pensée. Nuances et haine ne font pas bon ménage. Et nécessité réaffirmée de la poésie et de la littérature, seules à même de lutter contre cette perversion. Dont il faut bien être conscient qu’elle est en permanence à l’œuvre et pas toujours dans des cas apparemment aussi inquiétants. Là aussi, référence peut être faite à la littérature et au grand travail sur les bi-mots de Michelle Grangaud. Car souvent ces perversions nécessitent un attelage substantif-adjectif. Lequel se trouve ensuite formé pour longtemps et très difficile à désarrimer.
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