Ciel
gris, bruine, 13°- il a beaucoup plu hier, des averses d’orage brèves et très violentes
Lectures
Jean Miniac, Le jour, quelque chose d’émouvant dans cette poésie de bonne tenue, des dessins de Colette Deblé et un poème Le Thon que je connaissais pour l’avoir lu dans Dans La Lune et pour l’avoir publié dans l’anthologie permanente ! – Un peu de l’humanisme numérique, quelques histoires de Casati et Varzi et Pesquès encore.
Musique
Chausson, et en particulier le concerto à l’étrange formation puisqu’il est pour piano, violon et quatuor à cordes (op. 21). Il est en ré mais me fait très souvent penser au Quintette en fa mineur de Franck. Ernest Chausson le si doué, mort si tôt, en 1899, à 44 ans, en tombant de bicyclette.
Une journée dans la vie de (Casati et Varzi)
« Est-il possible de décrire tout ce que l’on fait dans une journée ? ». Un nouveau récit des deux philosophes qui suscite le vertige et où les auteurs démontrent qu’il est totalement impossible de décrire tout ce que l’on fait dans une journée, ne serait-ce que par des effets en abyme – j’écris que j’écris puis je dois écrire que j’écris que j’écris et ainsi de suite. Le livre ne parle pas de Perec et de sa tentative d’épuisement d’un lieu ni de Joyce, qui sans doute aura approché cette aporie au plus près, sans bien entendu la résoudre. Il parle en revanche de Kenneth Goldsmith qui a mené une tentative de ce genre. Et j’apprends que ce dernier est poète et qu’il est le fondateur d’Ubuweb et aussi l’auteur d’un livre tout récent intitulé Uncreative Writing: Managing Language in a Digital Age (2011) et qu’il doit participer à la 13ème Dokumenta à Kassel.
Immédiateté et détachement (Nicolas Pesquès)
« Dès l’instant où nous utilisons un langage, nous quittons / l’immédiateté /nous lançons un temps spécifique, nous entrons dans l’ère / du / détachement. » (59)
→ Leçon peut-être pour temps d’épreuve, de chagrin, de douleur. Les mettre à infime distance mais à distance, sortir de l’immédiateté et de sa brûlure pour accéder à une forme de détachement, même minuscule ? Fortement pensé à plusieurs de mes amis écrivains qui sont dans de telles situations et qui disent qu’écrire les apaise. Et que peu importe d’ailleurs teneur et qualité de l’écrit….
→ renvoie aussi de nouveau au débat du premier atelier d’écriture philosophique d’Isabelle Butterlin, langage et monde, langage et appréhension du monde. L’espace à explorer serait le minuscule espace interstitiel entre la sensation et sa formulation (éventuelle, tant de sensations passent, par dizaines de milliers quotidiennement, qui ne seront jamais élucidées, énoncées et qui pourtant iront, pour certaines, s’enficher dans les territoires intérieurs !).
Travail du poème
Le travail du poème : nommer
Ce qui n’ pas encore de nom.
Le concret est largement nommé,
le reste, l’infini du reste, non.
Commentaires