Lectures
Le Monde, avec notamment un article impressionnant sur Frame, un virus informatique très sophistiqué, qui relève du monde de la cyber attaque et du cyber espionnage, forcément conçu par un état selon les experts, en raison de son niveau d’élaboration. Sont pointés les États-Unis et Israël, dans la mesure où ce virus (qui a pris la relève d’un autre, très puissant aussi, Stuxnet) vise en particulier l’Iran et ses installations nucléaires. Le virus est notamment capable de prendre le contrôle d’un ordinateur, d’en brancher le micro pour entendre ce qui se passe alentour, de faire des copies d’écran, et d'actions beaucoup plus complexes bien entendu.
Et la suite du numéro Dupin d’Europe avec en particulier un article très dense de Patrick Quillier sur la question du son et de l’écoute chez Dupin, un beau complément à celui de Michèle Finck, mais que j’ai renoncé à extraire.
Acousmatique
Terme que je connaissais bien, sans en avoir jamais précisé le sens exact, pour son utilisation dans le champ de la musique contemporaine.
Définition du Wiktionnaire :
“Du grec Akousma, ce qu'on entend. Le terme "acousmatique" était employé par le philosophe Pythagore pour qualifier un enseignement qu'il donnait caché de ses disciples par un rideau, afin que ceux-ci se concentrent uniquement sur ses phrases et non sur ses gestes. Le terme acousmatique qualifiait aussi les disciples non-initiés (quant à eux nommés "mathématiciens") qui se contentaient de répéter les aphorismes de Pythagore sans les comprendre, sans en connaître la source, la mécanique de raisonnement. De là est issue la notion de "bruit acousmatique" pour désigner un bruit qu'on entend sans en voir la source (puis, par extension, sans la connaître), ou la présence d'un personnage de film que l'on ne perçoit que de façon sonore et qui sera, quant à lui, qualifié d'acousmêtre.
Réintroduit en 1955 par Jérôme Peignot afin de décrire la diffusion d’une musique électroacoustique sans support visuel, puis réutilisé dans les divers travaux de Michel Chion quant aux questions du son au cinéma.”
→ Patrick Quillier l’emploie lui surtout dans le sens d’un bruit entendu sans que sa source soit vue ou identifiée. « Les je-ne-sais-quoi situés au-delà ou en deçà de l’acoustique [...] tous les sons cachés, enfouis, subliminaires, ou bien mentaux, quasi immatériels, hallucinés, que l’on nomme les acousmates. » (E. 125). Ces acousmates il en dresse une sorte de répertoire, depuis les bruits du corps et les sons entendus mais non vus, jusqu’au son dans le son et les sons « métaphysiques » sans dimension théologique bien sûr, mais rattachés à l’oreille romane de Dupin, objet de la communication de Patrick Quillier, oreille « sensible à l’entrelacs qui mêle acoustique et acousmatique dans le faisceau de la résonance ». (E. 128)
Suite en trois
épaisseur nuit jaunie, étendards et tours opacifiés, vermoulus – sillage du sonore bourdonnant, écartant murs et parois comme mer rouge – mais pour quel passage ? – où aller en quittant, que quitter pour aller où fuir exilé, répudié – nuit pétrole, tueuse
falaise rongée, dune sapée, écroulements lents ou vifs, avalements voraces de la mer – constructions minées, entreprises rongées, faillites larvées ou brutales, la dévorante entropie, furie insatiable dévore ses enfants, biberons de chair
et lui ses machineries, machinations, mastications et déglutitions, élimine traite, trie, organes cloaques, pensées électriques, sensations secrétées – machineries, machinations, suintements et chuintements.
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