Les Paradisiaques
Tel est le titre du livre de Pascal Quignard, le Paradisiaque étant en Inde le domestique chargé d’arroser le sol de la demeure pour rafraîchir la maison.
Paradisiaque fut sans doute pour beaucoup le premier monde, d’autant plus paradisiaque que l’après fut loin du paradis.
« Je suggère que l’oralité silencieuse est vraisemblablement le pendant de la voix impossible chez les vivipares. La voix impossible est celle qui appartient au corps du premier monde » (121)
Oralité silencieuse reconstituée dans la lecture et dans la musique qui l’une comme l’autre restituent quelque chose de ce temps-là.
D’où l’importance majeure de la lecture (plus que de la littérature au sens stricto sensu) et de la musique pour moi. L’une comme l’autre font revivre le monde de l’avant. Comme l’eau d’un bain. Ces expériences guérissent, consolent, plus que tout. Le flotoir c’est l’eau du bain, pour l’écriture, la lecture, la musique, la peinture liquide de l’aquarelle.
©Florence Trocmé

L'importance majeure de la lecture, le rapprochement du premier monde, Pascal Quignard s'en explique aussi dans une interview du Nouvel Observateur, d'aujourd'hui : "Lire est pour moi une expérience proche de l'extase. J'y consacre toute ma vie... La lecture m'occupe bien davantage que l'écriture... C'est comme ramasser des brindilles, toutes sortes de débris, de signes, je suis un lecteur errant."
Et, au passage, un grand merci pour ce Flotoir, que je connais depuis peu, mais dans lequel je viens prendre désormais un bain quotidien.
Rédigé par : Evelyne | 06 janvier 2005 à 14h13