Une lectrice
Femme de la cinquantaine, manteau ocre orangé à col de
fourrure synthétique orange, gants de velours noirs, pantalon noir, sac et
cartable en cuir, noirs. Un livre qui me paraît ancien mais qui par quelques
signes (lesquels ? sans doute la question de la couleur, un peu passée ou
une couleur d’hier... je n’avais jamais réalisé comment fonctionne mon système mémoriel
pour les livres et à quel point il est conditionné par des questions de formes
et de tons) évoque soudain les Budé.
Gagné ! Elle bouge à un moment donné
et je distingue Cicéron. Je comprends mieux alors l’espèce de lenteur concentrée
avec laquelle elle m’avait semblé lire puis ce va-et-vient des yeux entre page
de droite et page de gauche. Amusement de penser que moi, en face d’elle, je
lis Pascal Quignard truffé de mots et de citations du latin, d’étymologies,
etc. Soudain Cicéron est littéralement avalé par l’élégant cartable noir. Il
est 9h45.
©Florence Trocmé

Il me plaisent décidément beaucoup vos portraits. D'abord parce qu'ils me rappelent ma période parisienne: La Motte Piquet Grenelle, qu'est ce que j'ai pu y passer, parfois m'y arrêter pour aller prendre un café ou voir quelques amis américains qui vivaient dans le quartier ou encore le village suisse, bref , les souvenirs de jeunesse !
En quelques mots, vous créez une atmosphère, des odeurs, des sensations.
Toujours des femmes? Les hommes ne lisent pas?
A bientôt
Rédigé par : Hecate | 30 janvier 2005 à 16h04