En discutant avec mon jeune ami C. B, j’ai appris de lui que selon Claudel le poème était à la fois objet graphique, objet phonique et objet sémantique. Je trouve cette classification extrêmement éclairante et elle servira sûrement amplement la grande lectrice de poésie que je suis, qui tente parfois d’écrire aussi sur ce qu’elle lit (et on sait à quel point c’est une critique difficile que la critique de poésie !).
Ecouté
aussi l’entretien de Claude Vigée avec Alain Veinstein dans une récente émission
Du jour au lendemain. Claude Vigée évoquait en particulier, de façon
vivante et même drôle, une de ses
rencontres, aux Etats-Unis avec Alexis Léger, alias Saint John Perse, lequel
discutait avec lui sur le thème de l’ode et vitupérait contre Paul Valéry.
J’aime imaginer ces scènes de rencontre entre de grands artistes et j’ai ainsi
souvent rêvé de Paul Valéry devisant à deux pas de mon ancien appartement avec
Berthe Morisot ! J’imagine d’ailleurs à l’instant (la mettrais-je en œuvre ?),
une série pour Poezibao, intitulée
Rencontres et qui évoquerait ces grandes rencontres.
©FT
Je pense que certains blogs littéraires pourraient avantageusement prendre le relais des salons littéraires qui firent fureur au cours des siècles derniers. Il y eut certes celui de Mlle de Scudéry ou de la Princesse Palatine, mais c’est plus à celui de la Princesse Mathilde, rue de Courcelles, que, bizarrement, je songe, autour de qui se retrouvaient régulièrement Flaubert, Théophile Gautier, Dumas, les Goncourt, etc. Ou encore, plus récemment à celui de Rachilde, au siège du Mercure de France, rue de L'Échaudé, puis rue de Condé. Qui y croisait-on ? De jeunes inconnus comme Guillaume Apollinaire, Léon Bloy, Francis Carco, André Gide, Joris-Karl Huysmans, Alfred Jarry, Pierre Louÿs, Jean Moréas, Henri Gauthier-Villars dit Willy, Paul Léautaud, Jean Lorrain, ou encore...Rémy de Gourmont, l’auteur des Lettres à l’Amazone. Tiens, tiens… c’est vrai, il y avait aussi le salon de la rue Jacob, celui de la grande - très grande - Natalie Clifford Barney. Si, si, je vous assure, il y avait bien aussi des hommes dans ce salon, dont Rémy de Gourmont, mais aussi Jean Chalon. Et ces temps ne sont pas si lointains, puisque Natalie Clifford Barney est morte à l'âge de 96 ans... en 1972.
Rédigé par : YvesT | 28 janvier 2005 à 16h49