« Je suis additionnée coupée mêlée tissue issue »
Hélène Cixous, Tours promises, Galilée 2004, p. 44
Oui Hélène (Cixous), nous le sommes toutes et par tous les
bouts. Additionnées de tous ceux que nous portons, parfois à bout de bras (à
bout portant ?) ; coupées comme le vin, comme notre sang, deux
sangs, quatre sangs, seize sangs, trente-deux sangs, méli-mélo avec des gènes
dans tous les sens mais aussi des dominantes qui reviennent nettes comme dans
la musique, insistance sur la note, la blue note, la note de tête ;
tissues tissées cousues recousues (« je couds ma vie avec des livres,
lorsque c’est déchiré je me recouds » ((73))), rapiécées patchworks,
tricotages, une maille à l’endroit, une maille à l’envers, trame et chaîne, père
et mère mais mère du père et père de la mère et pic et pic et colegram, les dés
de la conception, qu’est ce qui sortira ? Et si le père du père avait été
tué dans les tranchées plus de cornet de dés plus de hasard no genetic
lottery un zéro rien une absence dont personne n’aurait rien su absence
d’autant plus absence que c'aurait été une fille d’absence donc une absence de
deuxième génération une sorte de masse manquante dans la cohorte humaine mais
comme la masse manquante de l’univers ayant effet sur la masse émergée….
©Florence Trocmé
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