Cette voix d’enfant comme venue du fin fond de la mémoire,
du fond du temps, à l’instant, à la seconde où j’ouvre France Musiques….
"Des enfants
De ce monde ou bien de l'autre
Chantaient de ces rondes
Aux paroles absurdes et lyriques
Qui sans doute sont les restes
Des plus anciens monuments poétiques
De l'humanité
(Apollinaire, La maison des morts, in Alcools)
et
enclenché immédiatement tout un processus intérieur d’une infinie complexité,
qu’aucune IRM ne sait encore décrypter (mais j’imagine Paul Valéry l’analysant
dans ses Cahiers) : le
processus d’identification. Comme si se présentaient subitement à la conscience
toute une liasse de possibilités, ici elles furent le songe d’une nuit d’été,
d’autres idées se sont comme esquissées mais sans prendre corps, autrement dit
nom presque tout de suite attaquées par l’hypothèse Orff ; tâtonnements, écoute poussée un peu plus
avant, test de l’hypothèseOrff, adhésion presque totale à l’hypothèse. Et cette
certitude que de plus c’est cette version-là que je connais/reconnais. Gagné
sur toute la ligne : c’est bien Orff, les Carmina Burana, avec
Gundula Janowitz et les Petits chanteurs de Schöneberg, sous la direction
d’Eugen Jochum. (je retrouve le vinyle 33 tours dans ma discothèque,
l’enregistrement n’est pas daté mais en cherchant un peu sur le net, j’en
retrouve la date, 1968).
©florence trocmé
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