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03 mai 2005

Commentaires

Très belle série en perspective Florence. A propos de ces formules qui envahissent les médias, je me faisais la réflexion ce week-end en entendant un politique demander aux français de ne pas prendre la France en otage. As-tu remarqué cette "prise d'otage" accommodée à toutes les sauces ? Je suis certaine que F. Aubenas ne l'emploiera pas à la légère dans ses articles à son retour...

Et te lisant, Marie, j'ai pensé aussi à ces peintures de Fautrier, le trop peu connu, dont il semblerait qu'il y ait une exposition importante en ce moment en Suisse, et qui a intitulé une série de toiles parmi ses plus fortes et ses plus belles Otages, en hommage aux civils exécutés par les nazis.
Le danger, qu'il s'agisse d'images, de formules, de situations, de mots, d'idées est que leur charge émotionnelle s'émousse, qu'à force de les entendre employer à tort et à travers et surtout de saturer les consciences en les ressassant indéfiniment on obnubile ces consciences, on émousse leur capacité de révolte, leur volonté d'opposition à ce qui n'est pas acceptable. C'est peut-être un peu l'idée qui me guide en tentant de revisiter parfois le vocabulaire. Je pense que ce n'est pas pour rien que l'on parle de "langue de bois", je pense que ce n'est pas pour rien que j'ai un besoin vital de poésie, langue de chair.

Poésie, langue de chair. Besoin vital de sens nourrissant, au risque du pléonasme (qui n'en n'est plus tellement un de nos jours). Cela fait écho à mes lectures sur le "devoir de mémoire", autre expression plus mortifère qu'il n'y paraît, sur laquelle il y aurait aussi beaucoup à dire et à laquelle je travaille comme tu sais.

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