Cette nuit
chartres
cette nuit
ma folle architecturée
laissant
enfin se rompre
la digue songée
je t’ai redonné
ton seul paysage
cette nuit
chartres
cette nuit
mon altière silencieuse
laissant
enfin s’épandre
le flot rêvé
je t’ai engloutie
au plus profond des mers
cette nuit
mon immuable étrangère
j’ai t’ai habillée
d’eau folle mais
si douce
à ta pierre ancestrale
j’ai commandé
la vague dévastatrice
qui a tout ravagé
autour de toi
te rendant
ton intégrité première
cette nuit
cette nuit
ma pierreuse austère
j’ai rouvert
pour toi
le livre oublié
des océans
et je t’ai donné
les poissons fulgurants
pour qu'ils se mêlent
aux lueurs miroitantes
de tes roses
les lianes et les algues
pour qu'elles se mesurent
à l’élan fier
de tes piliers
les coquillages parfaits
pour rehausser
ta robe monochrome
cette nuit
chartres
cette nuit
mon éternelle engloutie
tu es redevenue
la force cachée
au cœur
de l’homme qui connaît la nuit
©florence trocmé (1976)
Vrai. J'ai hésité entre Chartres et Conflans Ste Honorine pour une balade, samedi dernier.
Rédigé par : JC-Milan | 28 juin 2005 à 20h42
Chartres
mémoire lointaine
de l’enfance en exil
dans les champs de blés mûrs
Beauce rivage ancrage dru
en océan féodal
Chartres vaisseau flamboyant
fendant les flots du ciel
défiant ardemment les tempêtes du temps
sur l’horizon doré
déserté des fidèles
Chartres fière figure de proue
surgie dans l’ondoiement
des vagues d’épis fous
pavillon de dentelles
hissé vers l’Orient
joyau des pèlerins que nulle intempérie
n’exténue
nef drossée par les vents par les pluies
mais inébranlable nef impassible immuable
tu traces ton sillon nu
jusqu’à l’orée
conscience emblème de mes jours
Angèle Paoli
Albu, ce 14 juillet 2005
Rédigé par : Angèle Paoli | 14 juillet 2005 à 15h50