….à l'instant, te laisserais-tu abuser par la lecture comme tu te laisses facilement abuser par la parole d'autrui, en la présence du dit autrui. Il en serait comme d'un soufflé qui une fois sorti du four de ton attention (comment la qualifier, aimante ? servile ? je ne sais mais tu donnes raison à celui qui s'exprime, dans la parole, dans le livre…sauf cas rares de rejet spontané, immédiat) retomberait
Parfois tu ressens quelque chose de très fort et quand tu
reviens sur tes pas, c'est cendre refroidie. Pourquoi ? Qu'est-ce que cela
signifie ? Est-ce que cela veut dire que ta lecture est créatrice ? N'est-ce
pas d'une insupportable prétention de dire cela…?
Aux deux extrémités du
spectre le regard critique et le regard empathique, le regard destructeur (mais
je n'assimile pas critique et destructeur !) et le regard créateur. Celui qui
ne passe rien et tue l'objet en l'écrasant, parfois pour des raisons
secondaires et celui qui passe tout et ne sait pas éviter le laxisme qui va à
l'encontre de toute démarche critique possible.
(3 janvier 2006)
il n'y a pas de lecture sans interprétation, pas de sens sans un lecteur pour le donner mais le texte résiste, comme le réel, on ne peut pas en faire n'importe quoi sauf à délirer... j'aime cette résistance, ce tiers têtu entre toi et moi, et qui nous relie, nous fait terrain commun, nous libère de la prison du "je"
pas de création sans regard créateur, il n'y a là nulle prétention, et nous n'en sommes pas toujours capable, mais cela ne veut pas dire que le regard crée seul, c'est la rencontre entre un regard et une oeuvre (sorti des mains d'un ouvrier) qui fait création...
Rédigé par : ehret | 13 mars 2006 à 21h14
Cendres refroidies, oui, mais définitives? D'un amour même, des reliefs ignés bien après la braise borgne ( où l'on peut s'aveugler encore un peu, mon dieu...)s'élance un souffle phoenix, simple et vraie volonté d'épuiser ce monde, par tout ce qui se consume, le sec passe si vite dans une clarté si vive .Les bouquets séchés offerts fourbissent leurs éternités de passage ; le feu c'est toi qui le portes et le défends avec dans les yeux la lave des futures terres ?
Rédigé par : eric peverada | 21 mars 2006 à 15h54