Devenir
brumes amertumes
vous enténébrez un cœur d'aube
aussi immuablement
que le crépuscule succède au jour
aussi inexorablement
que la mort naît avec l'enfant
(21 août 1977)
Vie météo
Vie météo
ciel de traîne et grand
beau
avis de tempête et pot au
noir
crachin sur l'âme et
giboulées dans les
cheveux
le temps noue et dénoue
le peu de lumière
(9 mars 2006)
En
lisant Hélène Dorion/le désir, le
manque, l'inquiétude
"le désir, le
manque, l'inquiétude ce qui survient ainsi me porte vers l'écriture" (Sous
l'arche du temps, Éditions de la Différence, p. 20)
le désir
le manque
l'inquiétude
désir, tension
douloureuse ou heureuse, élan, pulsion, force vitale, la flèche de l'être et du
temps
manque, à l'origine, la
dé-fusion, le vide de la coquille cassée, l'abri perdu, l'inconsolable réalité
de la solitude ontologique
inquiétude, ce qui bat
sans cesse, qui anime le désir et visite le manque, ce qui oscille, épouse les
battements du cœur et la pulsion du
sang dans les veines. Inquiétude d'avoir à être mais inquiétude bien plus
grande d'avoir à ne plus être, tout à l'heure, demain. Quel est la taille du noyau
de temps qui nous est donné ?
De la tension, du creux,
de la circulation entre eux peuvent naître la pulsion artistique, le peindre,
l'écrire, le chanter, le jouer, le dire.
L'écriture vient s'enter
sur une de ces trois entités au moins, désir, manque, inquiétude, parfois sur
deux, parfois sur les trois.
Elle est comme la
concrétion, le précipité, la trace tangible, la matérialisation de ces forces
positives ou négatives.
(13 mars 2006)
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