Ce qu'embrasse, ce que
cadre le regard à chaque instant. Millions de captations formant : un
film, un fleuve, un flux, un continuum, une basse continue, un ground. Sur ce
tapis roulant des images engrangées, comment sentir une stabilité, une
permanence ?
La permanence n'est-elle pas qu'une forme d'utopie ?
"Nous considérons que notre maison a été construite pour l'éternité, nous sommes tentés de croire à une stabilité qui, aux uns, rend problématique le fait de vieillir, et aux autres donne à tout changement extérieur les apparences d'une catastrophe.Nous oublions qu'il s'agit d'un processus en cours, que la terre est en perpétuel mouvement et que nous sommes concernés par le flux et le reflux des océans, les tremblements de terre, et tout ce qui se passe bien loin de notre environnement immédiat, visible et tangible:mendiants ou rois, tous acteurs de la même grande comédie. Nous l'oublions, soi-disant pour préserver la paix de notre âme, elle-même bâtie sur des sables mouvants. Nous l'oublions pour ne pas céder à la peur..."
Annemarie Schwarzenbach,Où est la terre des promesses? Petite Bibliothèque Payot 2000, p.42
Rédigé par : Angèle | 29 juin 2006 à 13h07
chère Florence, je découvre le flotoir et tant de correspondances, le beau texte sur la rencontre me fait penser à ce que dit F. Cheng dans son dernier livre, la permanence me disait une amie est dans: une fois dure toujours, comme l'amour aurait rajouté Emily Dickinson, rien de plus que la basse continue de l'âme qui chante aussi ce qui nous emporte. Il y a un autre côté, comment le nommer? Amitié Sylvie
Rédigé par : Sylvie Fabre G. | 29 juin 2006 à 22h53