Fredon ce qui ressasse, remonte sans fin de la nuit du temps, de l’enfance, rythme délétère imprimé à toutes choses, folie et amour inextriqués, échos en abyme. Frelon, bourdonnement obscur, sombre, sourd et lourd du monde (songez au grondement de l’essaim sous la gouttière) ; fredon de l’autisme, frelon de l’océanique, quelle voie entre le répétitif stérile (mais qui sait imprimer le staccato – parfois – à l’écriture, qui la fait – parfois – fredonner) et le bourdon envahissant des frelons qui diluent le battement de ton cœur dans l’immensité de son brouhaha repris à l’infini, d’insecte en insecte ? Du fredon proche du don, la musique. Du bourdon, s’éloigner pour mieux l’entendre et ne pas s’y prendre. De la ruche, retenir le ru, ce qui s’écoule, se dit, primesautier, de la marche du monde, son industrieuse vie. Et que le fredon-cigale entraîne parfois les butineuses, les fourmis affairées et conditionnées, à la danse, au pour rien, si ce n’est chanter, fredonner
©florence trocmé, 2007