Montent, montent du sol mental, de la terre intérieure, montent les images. L’étrange ciel électrique, l’assombrissement de la lumière enfin, lumière insupportable, trop de lumière, battue éteinte opacifiée. Les voix de la pluie, millions de voix ténues infimes murmurantes se mêlant aux voix engrangées du jour, danse des voix du jour et voix par milliers de la pluie comme voix revenant gouttes redisant reprenant le fil interrompu, lien nuages et terre, traits continus, la machine pluie. Son bruit, entretien avec les voix. Pistons de la pluie, voix dans l’oreille, cochlée, labyrinthe, voix des proches, voix du poète lisant (Jacques Dupin), voix amies, voix et paroles, voix ou paroles, voix sur la parole. Voix comme le regard de la parole qui te cherche qui recrée a posteriori la présence. Les voix, signaux de vie sur la toile sombre de l’orage, de l’angoisse, du temps altéré, de l’incompréhensible dans la marche usuelle des choses. Tant qu’il y aura des voix, des voix de chair.
©florence trocmé, 2007