C’est une sente [et te revient le Narré des îles Schwitters dont tu as recopié un long passage ce matin], c’est une sente un passage comme le narré, une sente ouverte en un taillis dense presqu’impénétrable ; l’orée en est comme éclairée, mais au-delà, c’est l’obscurité. Il faut s’avancer dans cette broussaille [capsaille résonne, mais qu’est capsaille, sinon titre du Narré…1], avancer dans le dru [comme cheveux sur la tête, si donc il y en a, pas comme sur la tête à Matthieu], avancer en écartant les ronces et les branches, les rances et les bronches [mais qui écarte, trie, intervient, rejette et si la ronce, la branche, celles-là écartées, précisément, des signes ?], avancer donc dans la sente envahie de broussailles et maintenant n’y voir plus rien mais avancer encore, les mains en avant, au bout des petits bras, écartant, se frayant [quel mot, frayant ! frayeur, frayer avec ?] un chemin dans le dense, l’étouffant, l’épais, le très confus du bosquet [Joë passe, mais il manque un U, Joë qui se frayait passage en sente par tête seule]. Feuilles mortes tombant à petits bruits secs et lents dans les frondaisons. Tu les entends sans les voir. Craquements d’elles aussi sous tes pieds, odeurs d’humus, humidité froide du sol. Il faut continuer ainsi, simplement, se frayer chemin, frayer avec chemin, la frayeur [l’enfant effrayé toujours présent en chacun/tous, toujours latent, dans l’attente, en double de peau, collé à l’intérieur, plaquant sa frayeur à l’envers de la peau, la tapissant, la doublant].
21 octobre 2007, ©florence trocmé
1. L'Europe en capsaille, titre de Patrick Beurard-Valdoye. Capsaille est un
terme de marine qui signifie naufrage.