Par delà les bruits urbains, c’est le ressac, le coup sourd, brutal de la mer dans l’enclos des rochers. Écho repartant se noyer vers l’infini. Heurt sur plein, heurt sur vide, heures rythmées par ce mouvement. Chaque jour, chaque instant, ce même flot bat là-bas et ici, battant ressac, cogne cœur, sourd, obstiné, régulier. Le battement de la répétition, le staccato du retour infini. Tout continue et tu t’en vas, tout continues et tu t’éteins, tout continue et tu passes. Que tu entendes ou non. Pas une milliseconde retranchée ou ajoutée. L’observateur ne modifie pas l’observé, n’infléchit pas, ne domine pas l’observé. C’est bien plutôt l’observé qui change celui qui regarde, écoute, l’augmente ou le diminue, vases communicants de l’accroissement de l’expérience et de la vidange du temps. Savoir un peu plus [et encore, ou peut-être ou à quoi bon]. Impuissante les voir, le sable dans le sablier et chaque plus couplé à son moins, sans rémission, sans remède.