Patrick
Beurard-Valdoye
Je suis actuellement plongée dans le très remarquable numéro d’Il Particolare qui vient de sortir un
important dossier à lui consacré. J’en ferai bien entendu une note de lecture
détaillée...
Et ce matin, parcourant des notes anciennes sur une première lecture de Georges Didi Huberman, celle de Devant le
temps je relève ces mots qui me
semblent tellement convenir à l’approche de P.B.-V.
"la mémoire est psychique dans son processus, anachronique
dans ses effets de montage, de reconstruction ou de « décantation» du
temps" (37)
et "l'histoire construit des intrigues,
elle est une forme poétique, voire
une rhétorique du temps exploré"
(38) Il est probable, selon GDH, qu'il "n'y a d'histoire intéressante que
dans le montage, le jeu rythmique, la contredanse
des chronologies et des anachronismes" (39).
Continuant ma lecture de ce flotoir de 2001, je retrouve encore ces propos
concernant Aby Warburg et ses travaux et ne peux, à nouveau, m’empêcher de
penser comment ils éclairent, à mon sens, l’œuvre de Patrick B.V (que je n'avais pas encore lue à l'époque). Je me demande
si quelqu’un y a déjà pensé et a exploré cette voie et je pense le questionner,
lui, pour savoir s’il a lu Didi-Huberman et Aby Warburg.
Extraits :
Dans ce contexte, GDH a cette très belle phrase à propos de Warburg "je
tenterai de décrire comment il a fondé une anthropologie historique des images
en m'attachant à l'un de ses concepts fondamentaux, la «survivance» (Nachleben)
qui tente de rendre justice à la complexe temporalité des images : longues
durées et « crevasses du temp s», latences et symptômes, mémoires enfouissantes
et mémoires surgissantes, anachronismes et seuils critiques" (50)
Les notes d’Auxeméry
Exploré aussi hier le système de notes d’Auxeméry. Qui me dit dans un mail
récent qu’il aime bien
qu'elles soient "complètes, absolument indiscutables et pertinentes". Et il est
vrai qu’ainsi conçues (je parle de celles rédigées pour accompagner La Fin du tourment de H.D.), elles se
lisent comme une histoire dans l’histoire, non seulement éclairantes, mais
cause d’un grand plaisir de lecture.
Plus anecdotiquement peut-être, je relève, toujours dans ces annotations, ce beau vers de T.S. Eliot, « lorsque
le vent brasse l’eau blanche et bitumeuse » qui me renvoie à ma tentative
poétique du mercredi 4 juin. Intense jalousie de ce "bitumeux" !