plainte – en grave, en sombre, en nombre – plaintes pullulantes portées par le vent – atténuation – le cor du triste – faux accomplissement, trahison de la solitude, fausseté de l’apparence – seul, le seul perdure au fond des nuits – seul, le seul avance front à la mort – seul, le seul chante portant son ombre dans ses bras – seul, le seul – chant désolé que n’irisent pas les cuivres – chant au noir, indicible mélancolie – mais tenue, cette note ténue, tenue, droite, ferme, filante sur le noir, le sombre – trame infime avant que le noir n’avale ce sillon – au loin glaces et nuées, l’appel du pur et du ciel, insupportable mirage – l’étal est mort – seul, un seul infime, né si loin, porteur de sa fin, traverse l’espace, luit pour personne, le monde est fini depuis toujours – souffle sur les eaux du déluge, planant à fleur de flots, ostinato lourd de toutes les voix mortes noyées, englouties – sur les fonds, rauque, le râle extirpé de sa gangue de sable et boue, creptation, désenfouissement, combat terrible des masses liquides et de l’infime germination, burlesque, dérisoire, dans le couloir de la mort – le râle d’une corde, le tintement d’une cloche, un vent d’eau, goutte à goutte de silence et de vie ‑ Muss es sein ? Es muss sein ! – dans l’étirement du temps, la question - vivre, vivre encore.