seul, le petit homme de nuit avance dans le sombre – quelques notes pour viatique – tu cries mais nul ne t’entend – tu cries un cri de silence, inaudible – tu es seul, seul au monde à crier dans une nuit totale – tu tentes d’apprivoiser le noir, le silence, tu cherches un écho, une réponse, une répartie, tu reprends ton chant – avec ton chant, sur la corde, modulant à peine, tu oses la question, tu interroges le vide, le silence, l’ombre – muss es sein – ce chant, double de ta solitude, seul écho renvoyé par la nuit – ton chant sur la corde descendu aux limites du spectre – pour ne pas te perdre : ressasser, répéter, s’élancer – frapper, frapper aux parois de la nuit, aux murs du silence, ongles grattant la muraille, sons griffant l’insondable.