Ombres au
jardin
ombres ensombrent jours, portées en
pique de ce qui vient – sous roc, sables, eaux-amertume et bains de bouche –
gagnent du terrain, envahissement des chancres gloutons et perce-oreilles,
faces de monstres tapis et les très
grandes toiles de la grand-mère juive polonaise emportées dans la tourmente, les yeux bleu pâle qui regardent
derrière ce qui vient et ce qui vient est ce qui fut, désastre, désolation,
désespoir – trains dans la nuit, gares évidées, silhouettes arrêtées à jamais,
lumières jaunes et vertes, forêts entraperçues, traverses, jungle dehors et
jungle inside, bruits de troupes,
ravines effondrées et fondrières éboulées – et le temps, broie, le temps, le
temps à pas mesurés, calibrés, tout sera compté