Walter Benjamin, Pierre Jean Jouve et la critique
Toujours
centrale, dans la pratique de Poezibao et celle de
la lecture, la question de la critique.
« Cette pensée paresseuse et atrophiée dont nous
avons hérité, qui considère la critique comme un jugement de goût, alors qu’elle
est d’abord et essentiellement focalisation, réflexion et analyse d’une mise en
crise suscitée par l’œuvre proposée. (Bruno Tackels, Walter Benjmain, Une vie dans les textes, Actes Sud, 2009, p. 90)
Rapprocher ces propos inspirés à Bruno Tackels par la
démarche critique de Walter Benjamin et ceux de Pierre Jean Jouve relevés il y
a peu dans son livre sur Wozzeck.
« Ces systèmes formels nouveaux ne sauraient
pourtant enfermer que deux réalités, qui sont celles de la musique dans sa
longue tradition : réalité révolutionnaire et novatrice, et réalité
essentielle ou permanente qui, selon le temps que nous occupons, nous a fait
désirer de telles formes comme représentant nos vérités » (Pierre Jean
Jouve, Pierre Jean Jouve/Michel Fano, Wozzeck
d’Alban Berg, Christian Bourgois, 1999, p. 56)
L’attention critique devrait se porter sur ce point-là, focal, le plus
attentivement possible : le lieu de la mise
en crise, la forme nouvelle représentant une vérité du temps que nous occupons. Et sans doute cela seul est-il
vraiment nécessaire. Mais c’est pépite à chercher dans des tombereaux de roches
d’intérêt secondaire et de déchets.
Et dans son essai, très précoce (il a 23 ans environ), sur
deux poèmes d’Hölderlin, Walter Benjamin précise que la critique doit se fonder
à la fois sur une philosophie active de l’histoire,
une théorie renouvelée du langage et une
critique concrète des œuvres. (op.
cit. p.92)