Ivar Ch’Vavar
reçu il y a peu la proposition d’Ivar Ch’Vavar pour le feuilleton de Poezibao. Sollicité par le site, il s'est totalement investi dans ce projet, produisant plus de 2000 vers justifiés, en une sorte de poème-récit, à la fois épique et intime, qui joue à fond le jeu de feuilleton, avec coupes abruptes, suspens, résumé de l’épisode précédent. Avec échos subtils entre histoire apparente et contenu latent, une réflexion sur la poésie, la prose. Un texte bourré d’allusions à déchiffrer, découvrir petit à petit avec fort arrière-plan de contes, légendes, peurs ancestrales… une sorte de fleuve de mots, charriant idées, sensations, réflexions, non pas un flux de conscience, car plus canalisé que ça, mais plutôt, permis sans doute pas le cadre strict du découpage en feuilleton et du vers justifié, une sorte d’affleurement d’inconscient. C’est très fort et très beau et j’avoue ici ma fierté d’avoir suscité cela.
Glu du temps
plan, surface, et le regard | arrêté, mur de glace, de verre, de béton – passer outre, autre, entrer dans l’antre et l’entre, creuser ce tunnel à vif dans la matière de rêve – vriller au-delà de la surface plate, en spirales et diagonales – où es-tu vérité de ce pan de mur, où es-tu sens de cette scène, vous, passants, qui vous arrêtera dans votre danse folle, flot ininterrompu d’électrons, conditionnés à trajet, à redites, à passages encore et toujours ? –allant sans élan, glu du temps et ouate étouffante de ce qui semble venir