Écoute musicale
La lecture de Celibidache me semble avoir fait considérablement évoluer mon
écoute musicale, en ce sens que je cherche dans la musique entendue, dans
chaque instant, le germe du développement et la récapitulation de ce qui
précède. Ainsi dans ce coffret de Kempff acheté récemment et en particulier
dans ses sonates de Beethoven, pour l’instant surtout la Pathétique et la 31ème,
opus 110. Kempff me donne vraiment ce sentiment de subsumation dans chaque
note, être et devenir, antérieur et futur, synchronie et diachronie, harmonie
et mélodie. Cela donne profondeur et intensité à l’écoute.
Celibidache, encore
La musique « n’est pas une chaîne de moments, de formes d’être, une
addition d’impressions objectales, audibles. Son essence réside dans le
devenir. » (p. 248)
Dans les pages qui précèdent, il revient longuement et de façon beaucoup plus
explicite sur la question du tempo, centrale dans sa réflexion. Tempo
« non pas réalité existant en soi » mais « conséquence vivante
résultant de nombreux facteurs concourants » (212)
Concentration et Internet / 1. Deux articles-sources
Grande réflexion en cours sur la question complexe de l’usage d’Internet,
la mémoire, la concentration, la dispersion.
Elle s’articule à partir de deux articles et se développe en plusieurs petits
points successifs.
Le premier
article, en anglais, est signé Mark O’Connell : il s’intitule Promiscuous reading : why Theodor
Adorno kept my attention et est paru
dans le New Yorker.
L’auteur y relate son expérience de la difficulté à finir les livres. Thème que
j’ai moi-même abordé ici dans ce flotoir
et pour cause : je souffre du même syndrome ! Il explique qu’il a à
côté de son lit une pile de livres tous lus aux deux tiers environ et constate
que cette propension est relativement récente. Il s’interroge sur les causes :
sorte de faiblesse ou d’atrophie de l’intellect (« a symptom of some
larger weakness of character or fatal atrophy of the intellect. ») ?
Puis il explique qu’en fait s’il ne finit pas les livres, ce n’est pas qu’il n’aime
pas lire, c’est qu’il aime trop lire et qu’il ne sait pas résister à la
tentation du nouveau livre. Mais
comme il stipule qu’il n’en a pas toujours été ainsi, il porte sa réflexion sur
Internet : « This is partly due to that most contemporary of
conditions, the degenerative disorder of the attention span that now affects
pretty much anyone with an Internet connection. ». Autrement dit
Internet induit une sorte de grave désordre dans la capacité d’attention et passer
des heures sur le net chaque jour finit par normaliser un certain type de
comportement sous forme de fleeting
(rapide, en coup de vent), casual (de
passage, désinvolte) encounters
(rencontres) with texts (avec les textes). Puis il se décrit surfant, suivant
un lien, attiré par un élément d’un des cadres de la page web….
Mais ce qui suit est plus intéressant encore : il s’attarde sur un livre,
lu récemment et insiste-t-il, de bout en bout, jusqu’à la fin ! Il s’agit
des Mininima Moralia d’Adorno, collection de 153 petits « essays »
et aphorismes rarement plus longs qu’une page et demie (dont le sous-titre en
français est Réflexions sur la vie
mutilée !) Il montre comment la forme fragmentaire est ici en rapport
avec le monde dévasté d’Adorno. L’auteur
a cette phrase révélatrice: I love the
sensation of elevated vigilance that comes from not having any notion of what
he might do next. Autrement dit, il se sent sans doute capable d’un
très haut niveau de concentration du fait de la forme fragmentaire qui lui
permet de ne pas avoir à se préoccuper du tout, Adorno changeant de surcroît
continuellement de sujet, en quittant un pour en aborder un autre.
L’auteur ne tire pas toutes les conclusions de sa réflexion mais elle porte sur
plusieurs points connexes : l’attention, la dispersion, le fragment.
Le second
texte est beaucoup moins littéraire. Il s’agit d’un article trouvé sur Internet
( !) (via Twitter et @urbanbike) et qui rend compte de différentes études
en cours sur la relation entre la pratique de l’ordinateur par les jeunes
enfants et leurs fonctions mémorielles et de concentration.
Titre : « L'ordinateur nuit à la mémoire : des scientifiques mettent
en garde contre "la démence numérique" » ([sic !]
« Le professeur de psychiatrie Manfred Spitzer (basé à Ulm,
Bade-Wurtemberg) se prononce après des recherches longitudinales contre un
contact précoce et fréquent des enfants avec les ordinateurs et l'Internet.
"Les médias numériques sont nuisibles au développement de la mémoire, ne
sont pas adaptés à l'encouragement de l'apprentissage et provoque des
dépendances", a déclaré le chercheur dans une publication. Il remet donc
en question l'utilisation des médias numériques dans les processus
d'apprentissage, soutenant que "si l'ordinateur prend en charge une part
du travail mental traditionnel, travail mental qui est à la base de
développements cognitifs du cerveau, alors il peut arriver que l'utilisation
trop fréquente de l'ordinateur nuise au développement de mécanismes cognitifs
importants, comme ceux de la concentration et de la mémoire". Les études
PISA, dans lesquelles les données de près de 300.000 élèves de 15 ans avaient
été recueillies, ont montré que les adolescents ayant le plus accès à un
ordinateur personnel à l'école étaient également ceux ayant en moyenne les
moins bonnes notes. [...]
Le neuroscientifique, dont le livre intitulé La démence numérique. Comment pouvons-nous apporter un nouvel
apprentissage à nos enfants vient de paraître, se base sur les résultats
d'une enquête récente menée par 62 professeurs d'universités allemandes. Selon
cette étude, des compétences importantes comme la logique argumentative, la
capacité de saisir ou résumer un texte et la capacité de concentration seraient
amoindries chez les plus jeunes étudiants universitaires ayant grandi avec
l'avènement de l'Internet. Selon les chercheurs en neurosciences, ces déficits
seraient dus à une sorte d'overdose numérique, un mécanisme chimique de stress
cérébral causé par le zapping informationnel.»
→ Je ne peux mesurer la qualité et la crédibilité de ces études mais je crois
que je sujet est fondamental. Et je le relie à ma réflexion en cours sur mes
propres pratiques, tant de lecture, que de comportement par rapport à la masse
de données qui est à ma portée via internet.
Concentration et Internet / 2. Réflexions
fragmentaires
Et ce qui est significatif, c’est mon approche de cette question, non pas
par un raisonnement déductif et soutenu, mais par…. un faisceau de petites
réflexions fragmentaires plus ou moins coordonnées !
•l’immensité de l’offre pousse à une forme de dispersion, surtout lorsque cela
tombe dans un terrain favorable, avide.
•il ne s’agirait donc pas d’un affaiblissement de la capacité de concentration
(il suffit d’observer un enfant jouant avec une console de jeux) mais plutôt d’une
assujettion à des phénomènes de captation de l’attention qui échappent en partie
au contrôle volontaire.
•on en vient à des formes de pensées ou de fonctionnements psychiques marquées
par une forte dispersion, laquelle peut parfois être arborescente, donc trouver
une nouvelle forme, différente, de structuration.
•vaporisateur contre alambic ! À l’alambic de la formation classique,
censée mener à une concentration signifiante d’acquis formatés et imposés, on
peut opposer une connaissance tous azimuts, souvent plus ouverte mais affectée
par un manque de synthèse et pouvant nuire gravement à une forme de cohérence
intérieure.
•il y a du fait des technologies contemporaines un risque d’excitation
psychique pouvant chez des sujets encore peu structurés ou fragiles devenir
incontrôlable.
•cela permet toutefois de restreindre l’emprise des modèles dominants
précédemment imposés par une éducation classique et univoque. A l’inverse, si n’est
pas développé un fort esprit critique, si ne sont pas enseignées des méthodes
pour filtrer correctement cette masse d’informations, l’esprit peut devenir la
proie de toutes les manipulations.
•la fin d’un modèle d’éducation strictement pyramidal et au fond très univoque
permet à chacun un accès libre, spontané à une infinie variété de
connaissances. Avec toutes possibilités de croisements, d’échos, de fécondations
croisées. Fruits du hasard, souvent et ce n’est pas…un hasard si la notion de
sérendipité est revenue en avant de façon aussi marquée.
•chacun peut s’approprier le savoir, sans avoir automatiquement à passer par
des instances régulatrices, type école, bibliothèque, autorités, etc. Mais il y
a souvent, lié, un grave problème de médiation de ces savoirs.
•il y a une sorte d’éclatement de la pulsion cognitive, qui n’est plus canalisée
par des accès contrôlés, restreints, parfois longs et difficiles à mettre en œuvre
(une recherche en bibliothèque par exemple sur un sujet pointu), mais qui peut
être excitée de façon incontrôlable par le caractère quasi infinie de l’offre. On
peut se perdre dans un labyrinthe de savoirs abordé sans précaution et sans GPS !
•la curiosité cognitive peut parfois revêtir les aspects d’un comportement
addictif de type boulimique. Il me semble qu’elle est encore exacerbée par ce
qu’on appelle le Web des réseaux sociaux, où les informations et liens sont
(parfois semblent) médiatisés par des
« amis ». Le réseau arborescent devient quasiment infini. Le moteur
de recherche, (type Google) a encore quelque chose de l’ancien modèle, d’autant
qu’on sait que ses résultats sont conditionnés par des paramètres commerciaux.
La curation (informations médiatisées par le réseau des autres), elle, accentue
encore la pluralité de l’offre.
•il ne faut pas sous-estimer la pulsion cognitive née de l’enfance, du désir de
savoir comment on fait les enfants. Elle induit souvent une forme de curiosité
jamais rassasiée : le labyrinthe internétique se substitue à celui du
dictionnaire où l’enfant se perdait aussi, mais de manière plus contrôlée !
•on en vient donc à une dispersion, à un éparpillement versus l’approfondissement.
Les connaissances vont bien être rassemblées, parfois de manière brillante,
mais la synthèse n’en est pas faite et l’esprit critique ne les filtre pas.
•Métaphore de la surpêche, qui ne risque pas d’amoindrir la ressource, quasi
infinie) mais qui risque de déchirer les mailles du filet (la conscience) ou d’engloutir
le bateau (la personne)
•ne jamais sous-estimer le formatage idéologique sous-jacent de cette
information, non contrôlée, non régulée.
•il y aurait une mutation profonde en cours et notamment pour le cerveau. Il
doit s’adopter à ces nouveaux modes de fonctionnements cognitifs, mais aussi
perceptifs et sensoriels (un des aspects de la question du virtuel).
•à propos de mutation cognitive, se souvenir que les outils d’apprentissage et
les processus cognitifs sont liés. Une mémoire enregistreuse à la lettre (le « par
cœur ») était nécessaire à une époque où les livres étaient rares et les
moyens d’enregistrement inexistants. Les arts
de la mémoire ont été fortement développés : ce sont aujourd’hui des
objets archéologiques !
•concentration et vigilance chez l’être humain sont sans doute héritées de l’animal
car elles conditionnaient sa survie. Dans un monde sécurisé (en principe) et
confortable (ibid.) ne mutent-elles pas aussi ?
•quid du sentiment de toute-puissance propre à l’enfant et qu’il doit apprendre
à relativiser pour grandir. L’informatique donne trop ce sentiment de toute-puissance,
déconnecte de la réalité, rend très dépendant de conditions extérieures
(notamment la ressource en énergie).
Concentration et Internet / 3. Dans la
pratique
Je subis donc bien moi-même ici le syndrome internet, dispersion et
fragmentation de l’approche !
Je note
-cette propension d’apparition relativement récente à ne pas finir les livres.
-une exacerbation de ma curiosité (autrement dit d’une pulsion cognitive), notamment
dans des domaines qui m’ont toujours intéressée, mais pour lesquels je n’avais
pas le temps ni les moyens de chercher de l’information (je ne mets d’ailleurs
plus les pieds dans mes trois bibliothèques locales depuis plusieurs mois !)
-une attention et une concentration toujours intactes mais une difficulté à
mener un travail de fond, à composer un ensemble. Je pense ici à ce flotoir dont on m’a parfois incitée à
extraire de quoi faire un livre : j’en suis à ce jour incapable. (À
contrario on peut dire que Poezibao
est une construction dans le temps, solide et relativement cohérente).
-ma logique argumentative, (cf.
ci-dessus) qui n’a jamais été très développée, serait amoindrie et j’éprouve
une difficulté à être cohérente. Claire conscience du caractère informel et
superficiel de cette réflexion mais dont, merci internet, je peux espérer un
enrichissement et une structuration via des avis autres, convergents,
divergents, constructifs.
Destin de décomposition
longtemps que lovées en volutes – alourdies prisonnières méduses / ni
tirées ni soufflées, amalgames pauvrichons et maigrelets / simplement
abandonnés – ferraillant avec vagues de rien et ressac de déchets évidés,
énucléés / tas d’algues pourrissantes / proies du vent, aux prises avec l’élan
de la pente – destin de décomposition
Bonjour Florence,
La question que vous soulevez de façon à la fois étayée et personnelle mérite une discussion de fond, et vous y apportez des éléments importants, notamment la remarque selon laquelle la pratique intensive d'internet ne mine pas tant la capacité d'attention mais crée plutôt une "assujettion à des phénomènes de captation de l’attention qui échappent en partie au contrôle volontaire". C'est donc sur cette remarque éclairante que je voudrais centrer mon commentaire.
Permettez-moi cependant de commencer par un détour. Frustrée à juste titre de ne pas avoir reçu de réactions, vous l'ayez attribué (peut-être pour provoquer) au fait que toute description de phénomènes problématiques liés à internet susciterait un rejet. Or cela fait assez longtemps que le monde d'internet et celui de l'écriture numérique se sont emparés de ces questions, dont il y a par exemple une discussion détaillée dans "Après le livre" de François Bon (avec le concept important de "lecture dense"), mais aussi dans les réflexions dès les années 1990 sur la lecture sur ordinateur. Progressivement, a émergé je crois un début de réponse selon laquelle la clé de la conservation de la capacité de lecture dense réside dans deux éléments : l'écriture d'une part, et un ensemble de choix techniques et de pratiques personnelles d'autre part.
Pourquoi l'écriture (que vous pratiquez d'une façon dont elle me fait fortement douter que la dispersion et la fragmentation de l'approche dont vous estimez être affectée soit sévère ;-) ? Parce que l'écriture constitue un projet fil conducteur ou instructeur des pratiques de lecture. Donc, si nous réflechissons à une éducation précoce et au rôle de l'école dans l'art de vivre avec l'informatique et internet, l'écriture doit y jouer important. Je suis très frappé que lorsque Olivier Donnat dans son étude sur les pratiques culturelles des français note une diminution de la lecture en 20 ans et un quasi-doublement du nombre de personnes qui écrivent à destination d'un public ouvert, le premier résultat suscite une avalanche de commentaires et le second passe relativement inaperçu.
Autre enseignement d'ailleurs de son étude la remarque que les phénomènes aujourd'hui attribués à l'informatique et internet ont très largement commencé avant. C'est un point absolument clé, car contrairement à ce que nous autres citoyens numériques pouvons imaginer, nous sommes à l'apogée (c'est à dire au pire) de l'ère de la télévision et aux balbutiements de l'ère numérique. Ignorant les avertissements de John Condry ("Thief of time, unfaithful servant: television and the American child", http://www.jstor.org/discover/10.2307/20027158?uid=3738016&uid=2129&uid=2&uid=70&uid=4&sid=21101206648807 ), des générations de sociologues nous ont affirmé que la télévision ne changeait ni cognition ni raport au politique
Mais passons au fond. Si cette partie de votre diagnostic est comme je le crois très juste, comment pouvons-nous limiter "la captation de l’attention qui échappe en partie au contrôle volontaire" ? Raisonnons d'abord sur les dispositifs. La navigation dans l'information a des caractéristiques très différentes suivant la taille des écrans sur laquelle elle se déroule. Sur un écran d'ordinateur assez grand, elle installe des juxtapositions, alors que sur un smartphone, elle se traduit très largement par des successions, des remplacements d'un univers (application, site) par un autre. Les effets ne sont pas du tout ou rien, mais disons que la charge cognitive nécessaire au maintien de l'attention sur un smartphone est très nettement supérieure. Il y a des tas de formes de multitâches et certaines sont plutôt enrichissantes de l'attention et d'autres extrêmement perturbantes (d'une façon qui ne l'oublions pas peut tout de même être très bienvenue, j'ai passé tout ma scolarité à multi-tâcher entre cours et rêveries).
Ensuite, il y a la question de la prise en main des dispositifs de façon à limiter les captations de l'attention échappant au contrôle volontaire. Ici, n'oublions pas que cette captation a des ressorts externes autant qu'internes. Les ressorts externes sont la publicité et la logique commerciale des services en ligne, qui multiplient notifications, suggestions et compliquent à souhait le paramétrage permettant d'y échapper. Vous décrivez très bien les ressorts internes, y compris ceux qui résultent de l'abondance de l'information. Les humanistes ont éprouvé le même vertige au 16ème et 17ème siècle (cf. Ann M. Blair, "Too Much to Know: Managing Scholarly Information before the Modern Age). Les générations actuelles (y compris les notres) sont des générations d'orphelins numériques (http://paigrain.debatpublic.net/?p=4464) qui n'ont eu aucune guide de la part ni de l'école, ni de leurs parents pour s'approprier l'espace numérique. De la l'importance essentielle de votre question de fond : quelle culture numérique aiderons-nous nos enfants et concitoyens à construire ? J'y rajouterai une autre question : comment nous laisserons-nous éduquer par nos enfants ?
Rédigé par : balaitous | 09 septembre 2012 à 12h35
Chère Florence !
Votre article sur le butinage internet est magistral … et bien entendu il y aurait beaucoup à discuter – ce à quoi je renonce ! …
Pour se faire une opinion il faudrait pouvoir réellement juger sérieusement ce qui se passait auparavant … s’en souvient-on encore ?
On ne se souvient que de l’exemple des grands esprits. Ou de nos meilleures périodes.
Je pense à mes errements en bibliothèque, à l’époque où j’étais physico-chimiste … c’était encore pire !
Et l’offre ! bien plus folle ! Et là, on pouvait en jauger le cubage …
Il m’est parfois arrivé de remonter à des articles fondateurs de 1900 … quelle émotion ! Toucher le papier qui a été imprimé du temps des pionniers qui concevaient ces théories, qui expérimentaient en avançant dans le noir ! Quelle surprise aussi de constater la proximité de ce passé qui semblait préhistorique …
Pour ma part je n’ai pas souvent terminé de livre … et par contre il en est que j’ai travaillés à de nombreuses reprises (exemple le traité d’harmonie de Schoenberg … qui n’avait pas la pédagogie d’un Gauldin … ce dernier d’ailleurs que je n’ai lu alors qu’assez vite … alors qu’il aurait été le premier livre d’harmonie idéal … mais avant que Schoenberg soit accessible ici, les livres disponibles étaient presque impossibles à utiliser sans suivre de cours – c’était voulu je pense.)
Pour la poésie, la littérature, la philo, etc : certains livres, je les survole, pour avoir une idée … j’aime d’ailleurs les anthologies. D’autres, j’y reviens plusieurs fois, les lisant dans le désordre le plus total. Même des romans, je les lisais dans le désordre, puis je relisais tout dans l’ordre … bizarre n’est-ce pas !
Vous avez raison d’insister sur l’enfance … authentique mais infantile. On ne peut pas devenir complètement adulte, sous peine de castrer le meilleur de notre nature.
Tous ces désordres produisent un bouillon de culture où des idées peuvent naître … de certaines idées naissent des projets, qui se nourrissent aussi du bouillon de culture … mais qui nécessitent aussi soudain une discipline très rude ! Pendant des mois ! Dans ces périodes tout est différent.
Je défendrais volontiers cette alternance.
A bientôt !
B.
Rédigé par : Benoît Moreau | 11 septembre 2012 à 16h50