Je propose aussi la lecture d'un
texte de Pascal Quignard sur le même rouge-gorge.
Philippe Jaccottet dans Poezibao
:
Fiche
bio-bibliographique
Fiche
de lecture De la poésie,
extrait
1, extrait
2, extrait
3, extrait
4
Je propose aussi la lecture d'un
texte de Pascal Quignard sur le même rouge-gorge.
Philippe Jaccottet dans Poezibao
:
Fiche
bio-bibliographique
Fiche
de lecture De la poésie,
extrait
1, extrait
2, extrait
3, extrait
4
Rédigé par Florence Trocmé le lundi 30 janvier 2006 à 11h52 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Geneviève Pastre, Vis-à-vis, p. 38
Je ne cherchais pas le tiers lieu universel, mais je le
trouvai un jeudi de janvier, inédit et clair. Les arbres et leur ombre
ensoleillée brassent un accord qui permet d'inventer d'autres passions
primitives que celles qui regardent les abris du savoir. Changer de figures,
bien des fois, pour émerger de la longue vibration blanche.
Les rouges, les carmins et les jaunes éclatants racontent des fragments qui
vivent dans leur doute. Aucun chemin balisé, mais une silhouette fragile passe,
sans préciser le sens des mots malgré la proximité d'une promesse de bonheur.
Geneviève Pastre, Invia, p. 60
Il y a une complaisance morbide à prendre l'attitude de
déconstruction pure, et c'est même le signe d'un ego considérable. Sachons
vivre en phase avec nous-mêmes sans nous contraindre à nous amputer tristement,
cyniquement ou allègrement de ces surgeons. Allions Rabelais et Montaigne, et
que notre lucidité ne nous jette pas à un quasi-suicide intellectuel, mental et artistique. Que la
dénomination soit un art, une inspiration, une expiration, et pas seulement la
manie orgueilleuse du classement, de l'ordonnancement qui sont le fait des
sociétés sclérosées ou totalitaires, ou du moins celui des institutions créées
par ceux qui ne veulent pas voir leur métamorphose en cours, et la nécessité
d'une renaissance.
Geneviève Pastre, L'État poétique, p. 112.
Ces trois textes sont extraits de trois recueils publiés dans un même livre, Vis-à-Vis et Invia, suivi de l'État Poétique, Éditions Geneviève Pastre, 2005.
Geneviève Pastre dans Poezibao
:
Fiche
bio-bibliographique,
extrait
1, extrait
2,
fiche
de lecture de Vis-à-vis, Invia et l'État
poétique
Rédigé par Florence Trocmé le dimanche 29 janvier 2006 à 11h35 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Jules Supervielle, Les
Amis inconnus, Gallimard, 1934, p. 51
Jules Supervielle dans Poezibao :
Fiche
bio-bibliographique
extrait
1, extrait
2, extrait
3
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Rédigé par Florence Trocmé le samedi 28 janvier 2006 à 11h25 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Hommage
D'un baiser trop léger, la lumière ne
cessait de bénir celui qui, faute d'amour, ne
cessait de perdre tout son temps. Il pliait et
repliait les draps de la matière et, faute
d'amour, s'agglutinait aux objets sur son
passage. La lumière demeurait une, bien
qu'elle fût de visible façon attenante, comme
un pétale l'est à sa fleur, et sûrement comme
je le suis à toi, à autre chose qu'on ne
discernait pas. L'ensemble avait lieu, faute
d'amour, sur une route dure où manquait une
enfance, bien que l'homme, faute d'amour, fût
resté un enfant et, de toutes les façons, c'est
lui qui avait raison, bien qu'on ne sût au juste
de qui manquait l'amour en général.
Gabrielle Althen, Sans preuves, dune,
2000, p. 51
Gabrielle Althen dans Poezibao
Althen
Gabrielle
extrait
1, extrait
2, extrait
3, extrait
4, extrait
5, extrait
6,
une
rencontre avec Gabrielle Althen
une
lecture rencontre autour de Béatrice Douvre,
carte blanche à Gabrielle Althen (voir l'index)
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 27 janvier 2006 à 15h59 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Dans le prolongement de l'article de Marie-Claire Bancquart,
se réjouissant malgré les difficultés rencontrées par maints professeurs, de la
présence d'Yves Bonnefoy à l'épreuve de lettres de la Terminale L, je propose
ce nouvel extrait de Les Planches Courbes.
J'en profite pour signaler qu'un des très grands bénéfices
de cette présence d'Yves Bonnefoy dans un programme scolaire est la mise à disposition de tous de plusieurs petits
ouvrages pédagogiques fort bien faits qui peuvent constituer d'excellentes
introductions à la lecture de poésie de Bonnefoy et à la lecture de poésie
contemporaine en général. J'ai pour ma part lu hier soir avec profit et plaisir
un ouvrage de ce type intitulé Estelle Piollet-Ferrux commente Les planches courbes d'Yves Bonnefoy,
paru dans la série l'œuvre en perspective,
Gallimard Éducation (attention ces petits ouvrages pédagogiques n'incluent pas
le texte original).
Ô poésie,
Je ne puis m'empêcher de te nommer
Par ton nom que l'on n'aime plus parmi ceux qui errent
aujourd'hui dans les ruines de la parole.
Je prends le risque de m'adresser à toi, directement,
Comme dans l'éloquence des époques
Où l'on plaçait, la veille des jours de fête,
Au plus haut des colonnes des grandes salles,
des guirlandes de feuilles et de fruits.
Je le fais, confiant que la mémoire,
enseignant ses mots simples à ceux qui cherchent
à faire être le sens malgré l'énigme,
Leur fera déchiffrer, sur ses grandes pages,
Ton nom un et multiple, où brûleront
en silence, un feu clair,
Les sarments de leurs doutes et de leurs peurs.
Yves Bonnefoy, Les Planches Courbes,
Poésie/Gallimard n° 384, 2003, p. 78 ou Les planches courbes, Mercure de
France, 2001, p. 78.
Yves Bonnefoy dans Poezibao :
Fiche
bio-bibliographique,
extrait
1, extrait
2, extrait
3, extrait
4 (les Planches courbes)
Les
planches courbes,
note de lecture
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Rédigé par Florence Trocmé le jeudi 26 janvier 2006 à 09h11 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Remous
"Toutes ces brumes
Issues de nos chagrins
Tous ces orages
Qui bataillent entre nos tempes
Toutes ces ombres
Qui emmurent l'espérance
Tous ces cris
Qui entravent notre chant
Toutes ces craintes
Qui retiennent nos pas
Toutes les clartés
Qui naissent de ces remous !"
Andrée Chedid, Territoires du souffle,
Flammarion 1999, p. 29.
Andrée Chedid dans Poezibao
Fiche
bio-bibliographique
extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4,
Rédigé par Florence Trocmé le mercredi 25 janvier 2006 à 09h06 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (1)
(Je dédie le choix de ce poème à Samuel Rosengarten, † en 1918 et inhumé au cimetière
américain du Mont Valérien, à Paris)
FT
Aux ombres
parfois penchées sur notre épaule
(ironiques ou encore sévères)
et notamment à
Maurice Adrey, soldat, peintre
Louis B., soldat
Richard de K.dit s., soldat, médecin
Jean Labril, soldat, musicien
Jean-Marie L., soldat
Invocation Liminaire
Ils ont habité avec nous dans la gueule de la baleine.
La baleine les a crachés sur l'autre rivage :
Les timides.
Les gauchers.
Celui qui était albinos et bègue.
Les myopes. Les méfiants, les malins.
Et ce grand garçon qui avait toujours soif,
toujours sommeil.
Regardent-ils parfois par-dessus notre épaule ?
Depuis qu'ils sont partis, nous n'avons vu personne.
Sommes-nous aveugles ? Ou bien
"spiritisme, religions de nègres", écrit,
dans quelque périodique exquis, un Révérend Père.
Pourtant,
s'ils regardaient, parfois, par-dessus notre épaule ?
Ou bien quittant le rivage de la mer intermédiaire,
se sont-ils avancés depuis longtemps
dans l'intérieur des terres spirituelles ?
Le sorcier noir sait appeler, sait, quand elles voudraient
s'en aller, retenir, ramener les ombres, les âmes.
Qui de nous saurait appeler
saurait ramener
l'ombre de John,
de Bernard,
de Maurice ?
Jean-Paul de Dadelsen, Aux ombres,
in Jonas, Jonas, suivi de Les ponts de Budapest et autres
poèmes, Poésie/Gallimard, n°405, 2005, p. 87 et 88
Jean Paul de Dadelsen dans Poezibao :
Fiche
bio-bibliographique
extrait
1 (Bach en automne),
Jonas
(fiche de lecture),
extrait
2 (Bach en automne),
extrait
3
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 24 janvier 2006 à 11h29 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Gaudebo
Pour
Derek Walcott
Gaudebo – parole soufflée en rêve
Dans le merveilleux latin qui perdure
Quoique perdu pour toutes nos écoles
Allons nous réjouir sur l'autel du Seigneur
Chante Racine ou un ancien catéchisme
Gaudebo pour cet enfant en sabots
Avançant sur la plaine où le vent pousse
La neige buissonnière sans alphabet
Sinon les bosses du monde et ses plaies
Gaudebo car descendant l'allée du jardin
Dans les siècles des siècles de juin
Il recevait le sacrement de l'aube ;
La nuit dans le seul globe de son œil
Ramenait les étoiles, cœurs glacés
mais palpitants, et embrassant les maisons
La rivière parlait en voyelles frottées
Contre le rauque ivoire des rochers
Que de temps s'est écoulé pour que la gorge
Brûlée obstruée de cailloux se délie !
Presque autant que pour déboucher sur la lande
Nue de la mort après les péripéties
Mais parce que sans faillir le gargouillis
Comme d'un sexe doucement mouillé
Monte des racines vers l'autel de l'inutile
Gaudebo
Claire Malroux, Suspens, Le Castor Astral, 2001, p. 80
Claire Malroux dans Poezibao :
Fiche
bio-bibliographique
Compte
rendu du livre de Claire Malroux, autour d’Emily Dickinson, Chambre
avec vue sur l’éternité,
entretien
avec Claire Malroux autour d’Emily Dickinson,
extrait
1, extrait
2 + traduction Marilyn Hacker),
rencontre
avec Marilyn Hacker sur la traduction réciproque
Rédigé par Florence Trocmé le lundi 23 janvier 2006 à 12h03 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
VI
Chut. Les morts nous
regardent de leurs yeux noirs et blancs. Ils rôdent
Comme des vagabonds, comme la lune.
Allume toutes les lumières, débouche le meilleur vin,
Peut-être, petit démon, partiront-ils avec le brouillard.
Dans un cimetière, je me suis promené à bicyclette. J'ai cueilli des asters
Et j'ai pensé à toi. Le ciel était bleu, la terre déjà d' automne. Dans un
Vieux cimetière, et derrière la grille, les gens remettaient leurs
Chapeaux.
XVIII
L'orage qui nous a accompagné comme un tapis lumineux n'a
pris fin
Qu'au-dessus du Hudson. Je me souviens du matin blanc qui nous ouvrit
Les yeux et de l'avenue au rugissement de fauve. Des mendiants avaient le
Plan de la ville tracé sur leurs paumes. Que voulait l'Indien qui brandissait
Un parapluie dans la foule ? Partis à la recherche de livres – chers Olson,
Zuckovsky, Merril – nous nous sommes retrouvés au café Roma
avec ses
Serveuses rébarbatives e ses petits fours multicolores. Le dieu de Soho
Vendait des articles de sport tandis que ses prophètes répandaient la bonne
Parole de l'électronique coréenne sur la Quatorzième rue. Dans le gâteau au
fromage de Lindy's, un billet anonyme disait : "Chacun a un morceau de
Miroir et croit le posséder tout entier."
Emmanuel Moses, L'année du Dragon, in Les Bâtiments de la Compagnie Asiatique, Obsidiane, 1993, p. 14 et 26.
voir la fiche bio-bibliographique d'Emmanuel Moses
Rédigé par Florence Trocmé le dimanche 22 janvier 2006 à 12h03 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Le jardin offre l'office de la transparence
Sylvie Fabre G., Les yeux levés, l'Escampette,
2005, p. 56.
Sylvie Fabre G. dans Poezibao
Rédigé par Florence Trocmé le samedi 21 janvier 2006 à 11h15 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)